Une baleinière surchargée chavire sur le fleuve Congo, emportant une vingtaine de vies. Entre nuit interdite et gilets de sauvetage absents, l’enquête pointe des complicités, des pots-de-vin et des manquements graves aux règles de navigation. Dix personnes, dont policiers et marins, ont été transférées à Kinshasa.
L’ombre de la corruption
Le H/B Mbeya Mbeya, transportant 800 âmes et une cargaison imposante, quitte Lomata vers Monkoto et s’abîme dans les eaux sombres d’Ekunde. Deux policiers, dont un colonel, auraient encaissé des pots-de-vin pour autoriser ce départ illégal, violant la réglementation de navigation du 4 octobre 2024. La tragédie révèle la porosité des contrôles et le prix humain d’intérêts financiers privés.
Les règles ignorées, le fleuve impitoyable
Navigation de nuit interdite, gilets de sauvetage absents, tonnage dépassé : le cocktail de négligence et de surcharge transforme l’embarcation en cercueil flottant. La décomposition rapide des corps oblige leur inhumation immédiate, effaçant la mémoire fragile des victimes et la gravité du drame.
Sanctions et enjeux
Dix personnes interpellées, commissaire fluvial suspendu : l’État se veut intransigeant. Mais la tragédie interroge sur la gouvernance du transport fluvial et la nécessité de mesures structurelles pour briser le cycle de corruption et de risque. La leçon, tragique, plane au-dessus du fleuve, comme un rappel que l’argent et l’irresponsabilité coulent parfois plus vite que l’eau.
Didier BOFATSHI