Cameroun : Plainte explosive contre Paul Biya à Paris, la justice devient champ de bataille politique

Choc judiciaire en exil

À Paris, une onde politique traverse les frontières du Cameroun. Selon une information consultée sur Africanews par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, l’opposant Issa Tchiroma Bakary , ancien ministre aujourd’hui en exil en Gambie, a déposé deux plaintes visant le président Paul Biya  ainsi qu’une vingtaine de hauts responsables. Le dossier, introduit devant le tribunal judiciaire de Paris, invoque la compétence universelle et dénonce la répression post-électorale du scrutin du 12 octobre 2025.

Accusations sous tension

L’opposant affirme que « plusieurs milliers de personnes seraient toujours détenues dans différentes prisons… dans des conditions qu’il qualifie d’illégales ». Une charge lourde, qui place la question des droits fondamentaux au cœur du débat. Les plaintes visent directement les autorités camerounaises pour des faits présumés de répression contre les manifestations électorales, dans un contexte encore marqué par de fortes tensions politiques.

Justice sans frontières

En choisissant la juridiction française, Tchiroma Bakary contourne les circuits nationaux. Ce geste traduit une rupture de confiance institutionnelle. Comme l’écrivait Montesquieu, « il n’y a point de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée des autres pouvoirs ». Ici, la justice devient exilée elle aussi, projetée hors du territoire national.

État contesté, État scruté

Cette démarche judiciaire révèle une internationalisation du conflit camerounais. Elle interroge la capacité de l’État à absorber la contestation sans basculer dans la judiciarisation externe. Hannah Arendt rappelait que « là où le pouvoir devient violence, la parole s’éteint ». Le droit devient alors ultime langage politique.

Dans ce face-à-face judiciaire, une interrogation persiste : la justice internationale peut-elle réparer les fractures politiques internes ? Ou devient-elle un théâtre supplémentaire de la crise ? Comme le souligne Alexis de Tocqueville, « la justice est la première des institutions politiques ». Et lorsque celle-ci vacille dans la perception collective, c’est tout l’édifice de l’État qui tremble lentement, mais profondément.

Didier BOFATSHI

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