Cameroun : Le Parlement adopte la création du poste de vice-président

Le Parlement camerounais, réuni en Congrès à Yaoundé, a adopté ce samedi un projet de révision constitutionnelle instituant un poste de vice-président, appelé à jouer un rôle central dans la succession présidentielle. Le texte a été voté à une large majorité, malgré de vives critiques de l’opposition.

Un vote rapide et largement favorable

Les députés et sénateurs avaient le choix entre trois bulletins : vert pour le « oui », rouge pour le « non » et jaune pour les bulletins nuls. En moins de trente minutes, le résultat est tombé : 200 voix pour, 18 contre et 4 nuls sur 222 votants. Cette adoption intervient après des débats jugés tendus dans un hémicycle clairsemé, où plusieurs voix ont exprimé leurs réserves sur la portée réelle de la réforme.

Un poste stratégique au cœur des débats

La création du poste de vice-président suscite des interrogations sur son rôle exact et son poids institutionnel dans l’équilibre des pouvoirs. « On ne peut pas rendre cette fonction corvéable à merci si elle est appelée à diriger les Camerounais », a averti le doyen d’âge du Sénat, Ze Nguele, appelant à une définition claire des attributions. Dans le même esprit critique, la députée de l’opposition Ngo Issi a dénoncé « la clôture définitive de l’espace démocratique », estimant que la réforme serait taillée sur mesure.

Une opposition très critique

Plusieurs figures de l’opposition ont vivement contesté le texte, dénonçant une concentration accrue du pouvoir exécutif. « On ne peut pas invoquer la discipline du parti pour voter cette forfaiture », a lancé le député Jean Michel Nintcheu, appelant ses collègues à voter selon leur conscience. Une défense du texte par la majorité Du côté de la majorité présidentielle, le député Roger Nkodo Ndang a défendu une réforme conforme, selon lui, à la Constitution et aux engagements continentaux du pays.

Le ministre de la Justice, Laurent Esso, a pour sa part, souligné que le président agit « en responsabilité devant l’histoire », ajoutant que certaines questions pourraient être précisées ultérieurement par voie législative.

Analyse : une réforme institutionnelle à forte portée politique

Au-delà de son aspect technique, cette révision constitutionnelle reconfigure l’architecture du pouvoir exécutif au Cameroun. Elle relance le débat sur l’équilibre des institutions et les garanties démocratiques dans un contexte politique déjà polarisé.

Comme le rappelait Montesquieu, « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Une réflexion souvent mobilisée dans les débats contemporains sur la séparation des pouvoirs. L’adoption de la création du poste de vice-président marque une étape institutionnelle majeure au Cameroun. Si la majorité y voit un instrument de stabilité politique, l’opposition redoute une recomposition du pouvoir susceptible de renforcer la concentration exécutive.

RFI / VF7, voltefaceinfos7.com

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