Brazzaville en campagne : ferveur clairsemée sous l’ombre du doyen du pouvoir

La campagne présidentielle s’est ouverte le 28 février en Congo-Brazzaville. À deux semaines du scrutin du 15 mars, la capitale avance au ralenti. Peu de meetings, peu d’effervescence, peu de foule. Les affiches dominent les murs, mais la rue reste mesurée.

Au rond-point du terminus Mikalou, au nord de Brazzaville, le visage de Denis Sassou-Nguesso s’impose. À 82 ans, dont plus de quarante au pouvoir, il est le plus âgé des sept candidats. Face à lui, quelques panneaux plus discrets, dont celui de Joseph Kignoumbi Kia Mboungou. L’asymétrie visuelle traduit une réalité politique : la machine du pouvoir reste dominante.

Affiches sans foule

La campagne a démarré timidement. Pas encore de grands rassemblements dans la capitale. Les candidats temporisent. Le président sortant prévoit un meeting le 13 mars. En attendant, la communication passe par les murs et les réseaux d’influence locaux. La ville observe plus qu’elle ne s’embrase.

Espoir sous silence

Certains électeurs affirment leur volonté de voter. Ils parlent de changement, de mieux-être, d’alternative possible. Cartes d’électeurs en main, ils se disent prêts. L’acte électoral demeure, pour eux, un levier. Comme l’écrivait Alexis de Tocqueville, « le vote est moins un choix qu’un espoir ». À Brazzaville, cet espoir subsiste, discret mais vivant.

Résignation en clair-obscur

D’autres, en revanche, annoncent l’abstention. Le scepticisme domine : « même si on vote, il sera toujours président », glisse un passant. La défiance s’installe dans les conversations ordinaires. Le sentiment d’inéluctabilité pèse. Raymond Aron rappelait que « la légitimité repose autant sur la croyance que sur la procédure ». Lorsque la croyance vacille, la participation s’effrite.

Longévité et vertige

La longévité de Denis Sassou-Nguesso structure le paysage politique. Elle rassure certains, lasse d’autres. Elle façonne un scrutin où la compétition semble inégale. Le pouvoir, ici, n’est pas seulement une fonction ; il est une permanence.

Brazzaville ne s’embrase pas ; elle observe. Entre fidélité, espoir et résignation, la capitale avance vers le 15 mars sans tumulte majeur. « Les peuples n’ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert », écrivait Alexis de Tocqueville. Reste à savoir si l’audace, dans les urnes, sera à la hauteur du silence des rues.

RFI /VF7, via voltefaceinfos7.com

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