Bissau sous menottes : quand les droits de l’homme se heurtent aux cagoules

En Guinée-Bissau, la Ligue des droits de l’homme subit une nouvelle intrusion armée, cette fois en présence de l’ambassadeur de l’Union européenne. Dix agents cagoulés expulsent la délégation sans explication, transformant un lieu de défense des droits en scène de peur et d’intimidation. Quatrième incident en moins de deux mois, la violence révèle la fragilité des libertés dans un pays où le silence devient cri.

L’intrusion des ombres armées

Dix silhouettes cagoulées, armées, surgissent dans les locaux de la Ligue bissau-guinéenne des droits de l’homme. L’ambassadeur de l’Union européenne Federico Bianchi et le président de la LGDH, Bubacar Turé, sont expulsés sans explication. Une violence orchestrée, froide et silencieuse. Comme le note Hannah Arendt, « la violence révèle ce que le pouvoir ne peut contrôler » : ici, elle expose un État qui terrorise pour imposer sa loi.

Les murs qui parlent

Les murs du siège, témoin des quatre incursions en moins de deux mois, racontent la peur et l’injustice. « Nous ne comprenons pas les raisons d’une attitude aussi arbitraire qu’inacceptable », dénonce la Ligue. Chaque porte claquée devient métonymie d’un pays où la liberté d’expression est frappée, et où chaque salle de réunion peut se transformer en zone de conflit invisible.

Le silence qui hurle

À Bruxelles, la délégation européenne reste muette. Les publications sur les réseaux sociaux esquivent l’incident. Mais le silence est aussi un cri, comme le rappellent les théoriciens des relations internationales : « L’absence de réponse face à l’injustice est un soutien implicite au pouvoir arbitraire » (adapté de John Rawls). Le monde observe, tandis que Bissau semble tenir ses droits humains en otage.

La peur en état de siège

Pour la LGDH, cette énième intimidation n’est pas seulement un affront : elle est un avertissement à toute voix dissidente. Chaque passage à tabac, chaque saccage, chaque expulsion est un marqueur dans la mémoire collective, un rappel que la paix civile peut se fissurer en un instant.

À Bissau, les droits de l’homme vacillent entre espoir et menace. Comme le murmure la Ligue : « Ce traitement est inacceptable. » Et pourtant, dans ce chaos muet, c’est la peur qui devient la plus fidèle des gardiennes.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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