Afrique du Sud : L’or noir affame les routes et asphyxie les vies

En Afrique du Sud, l’annonce d’une hausse historique des prix du carburant, attisée par les tensions au Moyen-Orient, a déclenché une ruée vers les stations-service à Johannesburg. Malgré une baisse temporaire des taxes décidée par le gouvernement, les automobilistes font face à des prix en forte hausse, provoquant pénuries, rationnements et inquiétudes économiques. Derrière la flambée, une crise systémique qui menace transport, emploi et pouvoir d’achat.

Pompes assiégées, peur en plein réservoir

Mardi, les stations deviennent des forteresses prises d’assaut. Files interminables, réservoirs vidés dans l’urgence, stocks épuisés. Le carburant, soudain rare, devient objet de crainte collective. La hausse est brutale : diesel et essence s’envolent, malgré l’effort fiscal de l’État. Une panique rationnelle, nourrie par l’anticipation du manque.

L’or noir étrangle les vivants

Derrière chaque litre, une tension géopolitique. Le conflit au Moyen-Orient répercute ses ondes jusque dans les rues sud-africaines. Le ministre Enoch Godongwana reconnaît un sacrifice budgétaire massif. Mais la digue fiscale cède face au marché mondial. Comme le rappelait Karl Polanyi : « Le marché désencastré finit toujours par broyer le social. »

Roues à l’arrêt, vies suspendues

Chauffeurs, travailleurs, familles : toute une économie vacille. À Johannesburg, la crainte d’un chômage accru grandit. Les taxis collectifs, artères du quotidien, pourraient répercuter la hausse. Un chauffeur alerte : sans carburant abordable, travailler devient impossible. La mobilité se transforme en privilège.

Inflation en cascade, nation sous pression

Transport plus cher, logistique alourdie, produits renchéris : la hausse du carburant infiltre toute l’économie. À Pretoria, des perturbations de bus annoncent une crise plus large.
Comme l’analysait Milton Friedman :

« L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » mais ici, elle est aussi énergétique, sociale, quotidienne. Cette flambée rappelle une vérité implacable : dans une économie mondialisée, le carburant est le sang des sociétés modernes et sa raréfaction provoque une asphyxie collective.

Comme l’écrivait Zygmunt Bauman : « Nous vivons dans un monde d’incertitudes liquides. » En Afrique du Sud, l’essence se volatilise et avec elle, l’illusion d’un quotidien stable, laissant place à une inquiétude qui, elle, ne s’évapore pas.

Didier BOFATSHI

Euronews / VF7, voletfaceinfos7.com

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