RDC : Muzito rallume le brasier de Sun City et secoue la légitimité de la Constitution de 2006

Le retour des fantômes

Le débat sur la révision constitutionnelle vient de franchir un seuil explosif en RDC. Lors d’un meeting populaire organisé dimanche 17 mai au terrain Assossa, dans la commune de Kasa-Vubu, le parti politique Nouvel Élan, dirigé par Adolphe Muzito, actuel vice-Premier ministre du Budget, a officiellement plaidé pour un changement de la Constitution de 2006. Le secrétaire général Blanchard Mongomba a remis en cause la légitimité originelle du texte, estimant qu’il est né des accords de Sun City conclus par « d’anciens belligérants » sans véritable mandat populaire.

Sun City sous procès

« Nous devons changer cette Constitution », a insisté Blanchard Mongomba devant les militants. Pour Nouvel Élan, le texte fondamental porterait les stigmates d’une transition négociée dans l’urgence de l’après-guerre plutôt qu’une expression souveraine du peuple congolais. Jean-Jacques Rousseau écrivait : « La souveraineté ne peut être représentée. » Une citation qui résonne aujourd’hui dans un pays où le débat constitutionnel ravive les blessures silencieuses de la transition politique.

La terre et le pouvoir

Au-delà de la forme, le parti de Muzito évoque la titrisation des terres et la reconnaissance des droits coutumiers comme urgence nationale. Derrière cette réforme se profile une bataille plus profonde : celle du contrôle du contrat social congolais.

L’équilibre fragile

Cette sortie intervient dans un climat politique tendu où toute modification constitutionnelle suscite méfiance et polarisation. Une partie de l’opposition y voit déjà un terrain glissant pour les équilibres démocratiques. « Il ne faut toucher aux lois que d’une main tremblante », avertissait Montesquieu. En RDC, le débat sur la Constitution dépasse désormais le droit : il touche à la mémoire, à la souveraineté et à l’âme politique de la Nation.

Didier BOFATSHI

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