À Mont-Ngafula, un témoignage recueilli le 5 septembre 2026 décrit la consommation détournée du tramadol par certains jeunes. L’ancien consommateur raconte son parcours, de l’initiation par un proche aux effets ressentis, jusqu’à l’arrêt de cette pratique.
À Mont-Ngafula, le tramadol ne serait pas toujours utilisé pour soulager la douleur. Un habitant interrogé sous couvert d’anonymat affirme l’avoir consommé pour rechercher un état d’ivresse. Son témoignage ne permet pas de mesurer l’ampleur du phénomène à Kinshasa, mais il décrit un usage éloigné de la fonction thérapeutique du médicament.
« le Tromadol se vend sans prescription médicale c’est ce qui permet à des jeunes qui s’en servent comme stimulant de l’ivresse. Certains prennent régulièrement les comprimés de tramadol comme », affirme-t-il.
À Mont-Ngafula, un témoignage sur une consommation répétée
Selon son récit, il prenait le tramadol par voie orale et recourait parfois à l’injection. « il arrivait que moi-même je me faisais injecter moi-même », insiste-t-il.
Le témoin attribue le début de sa consommation à l’influence d’un ami. Celui-ci lui aurait présenté le tramadol comme un moyen rapide de rechercher l’ivresse : « Tramodal c’est le court chemin de l’ivresse, nzela mokuse soki olingi olangwa ».
Il rapporte aussi cette invitation : « Meka oka kangama (essaies, tu deviendras fidèle) ».
La consommation serait ensuite devenue quotidienne. Le témoin dit avoir ressenti de la somnolence et des vertiges. Il affirme également que ces effets ont eu des conséquences sur son comportement.
De l’usage médical à la recherche d’effets
Selon son témoignage, cette consommation aurait finalement conduit à son arrestation à Makala. Il affirme avoir passé deux jours au sous-Ciat après des actes commis alors qu’il se trouvait dans un état de somnolence et de vertige.
Depuis, dit-il, il ne consomme plus abusivement de tramadol. Il affirme avoir arrêté cette pratique depuis cinq ans.
La formule attribuée à Paracelse, « C’est la dose qui fait le poison », apporte une clé de lecture à ce récit. Elle rappelle qu’une substance peut changer de risque selon la quantité, le mode d’utilisation et le contexte de consommation.
Le tramadol reste avant tout un médicament utilisé contre certaines douleurs. L’Organisation mondiale de la santé met toutefois en garde contre les risques associés à l’usage non médical des opioïdes.
Le risque d’une banalisation
Le principal enseignement de ce témoignage tient à un changement de représentation. Le médicament n’est plus recherché pour sa fonction thérapeutique, mais pour les effets que certains consommateurs lui attribuent.
À Kinshasa, la question reste donc celle de l’encadrement de l’usage du tramadol et de l’information des consommateurs : comment éviter qu’un médicament destiné à traiter la douleur devienne, pour certains, un produit recherché pour ses effets psychoactifs ?
Votre avis nous intéresse. Réagissez et participez au débat dans l’espace « Laisser un commentaire ».

Jésus-Christ t’aime
