Succession ecclésiale en RDC : Quand la vision meurt debout

Une conférence sur la succession dans les Églises se tiendra au Centre Évangélique Francophone Vie Éternelle, extension de la Borne à Kinshasa (Mont-Ngafula, Plateau II, 101 route Kimwenza), du 27 juillet au 02 août 2026, de 17h30 à 20h00. Elle réunira leaders, pasteurs et formateurs autour d’un constat brûlant : la transmission du leadership ecclésial est devenue l’un des points de rupture les plus silencieux mais les plus destructeurs de la mission.

Dans cette dynamique, le thème central, « Anticiper demain : penser la succession pour préserver la vision missionnaire », ouvre une réflexion critique sur un enjeu vital, structuré autour de cinq urgences : bâtir un successeur complet (tête, cœur, esprit), « Pourquoi la succession est une question de survie pour la mission », « Obéir pour transmettre », « Accompagner la relève : le rôle clé du coaching et du mentorat » et « Le bon temps fait le bon successeur ».

Or, dans de nombreuses Églises en République Démocratique du Congo, la succession ne ressemble plus à une transition : elle ressemble à une fracture. Une faille invisible qui s’ouvre lentement, puis engloutit la vision. Peter Drucker avertissait déjà qu’une organisation doit survivre à son fondateur. Cependant, ici, trop souvent, la vision expire avec lui.

De plus, les Écritures elles-mêmes rappellent une logique de transmission : Matthieu 28 :  19 et 2 Timothée 2 : 2 posent une mission conçue pour se démultiplier, non pour s’éteindre dans une seule génération.

Pourtant, sur le terrain, les dérives s’accumulent : culte implicite du fondateur, absence de planification, héritages disputés, mentorat inexistant. Max Weber parlerait d’une autorité charismatique devenue captive d’elle-même. Henry Mintzberg évoquerait une stratégie abandonnée aux crises.

C’est pourquoi, cette conférence n’est pas un simple rendez-vous. C’est un cri. Un avertissement. Une tentative de sauver ce qui peut encore l’être dans des visions déjà fragilisées par le temps.

Elle s’adresse ainsi à ceux qui sentent que quelque chose est en train de se rompre sans bruit : pasteurs, responsables d’Églises, leaders de mission, porteurs d’appel. Participer, c’est accepter d’être confronté à une vérité parfois inconfortable : aucune œuvre spirituelle n’est immortelle sans transmission intentionnelle. En revanche, refuser cette réflexion, c’est continuer à espérer que la continuité se fera seule. Y participer, c’est choisir de ne plus laisser la succession devenir un champ de ruines. D’ailleurs, la conséquence est déjà visible : fragmentation, visions éparpillées, Églises divisées, missions amputées. L’Église avance parfois, mais comme un corps sans direction.

Enfin, comme le rappelle Peter Senge : « Les organisations qui apprennent créent leur avenir. » Et pourtant, une vérité demeure, lourde et implacable : une vision qui ne se transmet pas ne meurt pas immédiatement… elle meurt debout, lentement, sous les yeux de tous.

Didier BOFATSHI / VF7, voltefaceinfos7.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *