
Muluma. Une jeep fuyait l’ombre d’une barricade. Six âmes à bord, une peur viscérale, et une route qui s’ouvre comme un piège. Le chauffeur, face à des “inciviques” réclamant un tribut pour un corps à enterrer, tente de négocier le destin avec ses pneus. Robert Jervis disait : « Dans des situations d’incertitude, les acteurs interprètent les intentions des autres en fonction de leurs perceptions et de leurs schémas cognitifs. » Ici, la perception a suffi à transformer un chemin en tombeau.
Le cercueil sur l’asphalte : rituel et chaos sur le goudron
Un corps posé comme un obstacle, un rituel funéraire devenu barricade. L’argent exigé, comme un droit de passage gravé dans la poussière. Alexander Wendt l’aurait vu ainsi : « Les structures sociales n’existent que dans et à travers les pratiques sociales et les significations intersubjectives. » Les traditions locales, impuissantes devant la logique de la route, deviennent meurtrières.
L’État absent : le spectre de Weber sur la RN1
Max Weber hante cette route. L’État, censé posséder le monopole légitime de la violence, regarde ailleurs. Des acteurs informels imposent leurs règles, leurs lois, leur arbitraire. La sécurité, ce fantasme qui devrait protéger le voyageur, s’évanouit dans la fumée du véhicule incendié. Ici, l’ordre est un mirage et le chaos, une loi non écrite.
Pouvoir et impuissance : le réalisme cruel de Morgenthau
Hans Morgenthau rappelait : « La politique a pour objet de poursuivre des intérêts définis en termes de pouvoir. » Sur cette route, le pouvoir a choisi le désordre. Les forces locales, incapables de réguler, deviennent complices de la tragédie. La vie s’échappe au rythme d’un moteur en fuite, et cinq corps demeurent figés dans le temps.
Quand la route devient métaphore : Muluma, miroir de nos fragilités
Cette tragédie n’est pas seulement un accident : c’est un concentré de peur, de tradition et d’impuissance. Une route nationale, normalement symbole de lien et de passage, devient scène d’un théâtre cruel où s’écrivent l’absurde et le tragique. Le goudron, le cercueil, la jeep en flammes tout concourt à transformer la quotidienneté en épopée dramatique.
L’alerte rouge de Muluma
Muluma crie. Muluma hurle. Et si cett2e route, cette tragédie, nous parlait de nous tous ? Comme le disait Albert Camus : « L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est. » Peut-être refusons-nous de voir l’urgence de sécuriser nos routes, nos villages, nos vies. Aujourd’hui, Muluma, demain… qui sait ?
Actualité.cd / VF7, via voltefaceinfos7.com