RDC-UDPS : Kabuya rallume la guerre des légitimités et expose Mbata, la fracture interne éclate au grand jour

Lors d’un meeting tenu le 18 avril 2026 à Kinshasa devant les militants de l’UDPS, le secrétaire général Augustin Kabuya a ravivé de profondes tensions internes en diffusant des images d’une ancienne intervention de André Mbata au siège de l’UNC. Selon les informations rapportées le 21 avril 2026, cette sortie intervient dans un climat de rivalités politiques ouvertes au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social et de l’Union sacrée de la Nation, sur fond de recomposition des équilibres internes après les scrutins provinciaux, notamment au Sankuru.

Les archives transformées en arme politique

À Kinshasa, le meeting du 18 avril n’a pas seulement été un rassemblement militant : il s’est mué en tribunal symbolique. En projetant des images du passé de André Mbata, Augustin Kabuya a activé une stratégie de délégitimation fondée sur la mémoire politique. Dans cette mise en scène, le passé devient une preuve, voire une charge. Comme le rappelait Pierre Bourdieu, « la lutte politique est aussi une lutte pour l’imposition des perceptions ». Ici, voir, c’est juger.

Deux récits, une seule légitimité disputée

Au cœur de cette confrontation, deux narrations s’opposent : celle de l’ancienneté militante et celle de la légitimité institutionnelle. Augustin Kabuya insiste sur son enracinement historique dans l’UDPS et son rôle dans l’ascension de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. En face, André Mbata incarne une trajectoire plus institutionnelle, aujourd’hui contestée dans sa profondeur partisane. Max Weber l’avait théorisé : la légitimité politique oscille entre tradition, charisme et légalité. Dans l’UDPS, ces trois pôles semblent aujourd’hui entrer en collision.

Le Sankuru, catalyseur d’une fracture silencieuse

La tension ne se limite pas aux discours. Elle s’est matérialisée lors des récentes élections provinciales au Sankuru, où le candidat soutenu par Mbata a remporté la gouvernance face à celui investi par l’UDPS.

Ce résultat agit comme un révélateur politique : les lignes internes ne coïncident plus parfaitement avec les lignes officielles du parti. Alexis de Tocqueville observait que les grandes formations politiques se fissurent souvent sur leurs propres victoires. Le cas du Sankuru illustre cette dynamique de fragmentation interne.

L’Union sacrée face à ses tensions internes

Au-delà de l’UDPS, c’est l’architecture même de l’Union sacrée de la Nation qui se trouve interpellée. Coalition de forces politiques, elle devient un espace de compétition latente plutôt qu’un bloc homogène. Dans ce jeu d’équilibres, chaque prise de parole devient repositionnement. Chaque image, une arme.

À Kinshasa, la sortie de Augustin Kabuya dépasse le simple rappel militant : elle reconfigure une bataille de légitimité au sein du parti présidentiel et de sa coalition. Et dans cette guerre des mémoires politiques, une certitude demeure fragile : Niccolò Machiavelli rappelait que « les divisions internes sont plus dangereuses que les ennemis extérieurs ». Dans l’UDPS, la fracture n’est plus silencieuse — elle est désormais visible, assumée et pleinement politique.

Didier BOFATSHI

Netic News/VFI7

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