Pluie d’orage sur la presse ivoirienne : l’UNJCI déchirée par la lutte des urnes

Le principal syndicat des journalistes en Côte d’Ivoire traverse une crise interne profonde. L’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) est aujourd’hui fracturée autour de l’élection de ses dirigeants, opposant deux camps structurés. La tension politique qui entoure le processus électoral alarme déjà la Fédération internationale des journalistes, qui évoque des soupçons d’ingérence extérieure.

La bataille des plumes

Tout débute en septembre 2025 lorsque le conseil exécutif adoube la candidature de Franck Ettien, directeur d’un site d’information et ancien collaborateur politique régional. Face à lui, la présentatrice Marie-Laure Ngoran conteste la validité de cette candidature et demande son invalidation. La querelle se transforme rapidement en conflit juridique après le dépôt d’une plainte pour faux et usage de faux concernant la carte de presse du candidat.

Le droit contre la rue

La justice ivoirienne suspend en référé l’organisation du congrès électif, plongeant l’institution dans l’incertitude. L’UNJCI convoque alors un congrès extraordinaire visant à proroger le mandat de l’équipe sortante, décision dénoncée comme un « passage en force » par l’opposition interne, tandis que les dirigeants parlent de protection contre une possible « mise sous tutelle ».

Quand la presse se divise

Le congrès du 25 février tourne à l’échauffourée et nécessite l’intervention des forces de l’ordre à Abidjan. Aucun calendrier électoral n’est fixé. Une médiation est annoncée comme ultime voie de sortie de crise.

L’ombre du pouvoir sur les mots

La crise révèle la fragilité de l’autonomie syndicale dans un environnement politique tendu. La Fédération internationale des journalistes met en garde contre toute influence politique sur la profession.

Comme le rappelait Albert Camus, « mal nommer les choses ajoute au malheur du monde ». La presse ivoirienne semble aujourd’hui confrontée à un autre défi : préserver sa voix dans le tumulte des rivalités internes. Car une presse divisée parle moins fort, mais l’histoire, elle, écoute toujours.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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