
Une bataille des récits après les violences
Les violences survenues le 12 juin 2026 lors du sit-in de la Coalition 64 (C64) à Kinshasa continuent d’alimenter une vive confrontation politique. Selon une information rapportée par okapi.net, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a rejeté les accusations de l’opposition impliquant la « Force du progrès » dans les incidents survenus aux abords du Palais du Peuple. Le parti présidentiel conteste également les bilans avancés par les organisateurs.
La parole du pouvoir face aux accusations
Dans sa réaction, Augustin Kabuya met en cause la version de l’opposition, estimant que certains éléments auraient été instrumentalisés pour construire un récit accusatoire contre le pouvoir. Il affirme que « certains individus ont été utilisés pour alimenter les accusations portées contre les partisans du pouvoir », rejetant toute responsabilité directe de la Force du progrès.
Selon lui, la manifestation avait été annoncée comme un sit-in, et non une marche, laissant entendre que des ajustements de dernière minute auraient contribué aux tensions.
L’ombre de la provocation politique
Au-delà du désaccord sur les faits, l’UDPS évoque une « stratégie de provocation » orchestrée par certains acteurs politiques. Augustin Kabuya affirme que les événements observés ne relèvent pas du hasard mais d’une dynamique planifiée visant à pousser les autorités à la faute.
Cette lecture introduit une fracture narrative profonde : d’un côté, une opposition dénonçant une répression violente ; de l’autre, un pouvoir qui évoque une manipulation politique et médiatique.
Le terrain instable de la vérité
Les bilans de victimes, également contestés par l’UDPS, illustrent une zone d’incertitude informationnelle. Tandis que l’opposition parle de morts et de blessés, le parti au pouvoir appelle à la prudence et remet en cause les images diffusées sur les réseaux sociaux.
Comme le rappelait Hannah Arendt, « le sujet essentiel de la politique est la vérité des faits ». Or, dans ce contexte, cette vérité semble fragmentée entre récits concurrents, chacun revendiquant sa légitimité.
La rue comme champ de confrontation politique
L’interdiction préalable de la manifestation par les autorités provinciales ajoute une dimension supplémentaire à la crise. Entre ordre public et droit de manifester, l’équilibre apparaît fragile, tandis que les affrontements ont ravivé les tensions entre forces de sécurité et manifestants.
Une démocratie sous tension narrative
Au-delà des positions partisanes, les événements de Kinshasa révèlent une guerre des récits où chaque camp construit sa propre lecture des faits. Montesquieu écrivait que « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Dans ce climat, la question centrale demeure celle du contrôle, de la transparence et de la confiance dans les institutions. Car sans vérité partagée, la crise politique se transforme en crise de réalité.
Didier BOFATSHI

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