À Kinshasa, la question du permis de conduire biométrique s’invite au cœur du débat parlementaire. Ce mercredi 22 avril 2026, le vice-Premier ministre en charge des Transports et Voies de communication, Jean-Pierre Bemba, a été officiellement interpellé à l’Assemblée nationale par le député Saidi Balikwisha. En cause : des difficultés persistantes d’accès au document, entre coûts jugés prohibitifs, lenteurs administratives et opacité des procédures, alors même que les contrôles routiers se multiplient dans la capitale.
Permis sous tension
Dans l’hémicycle, la question fuse comme un signal d’alarme. Le permis biométrique, censé incarner la modernisation du système de circulation, se heurte à une réalité plus rugueuse. Pour de nombreux usagers, son obtention relève d’un parcours semé d’obstacles. Le député Saidi Balikwisha dénonce une situation paradoxale : un document obligatoire, mais difficilement accessible, notamment pour les populations à revenus modestes.
Coûts et lenteurs
Au cœur de l’interpellation, trois griefs structurent le débat : un coût élevé, des retards prolongés dans la délivrance et un manque de lisibilité dans les démarches administratives. Pour l’élu de Beni, ces dysfonctionnements compromettent l’objectif même de la réforme : « Ce permis, présenté comme moderne et sécurisé, doit être délivré de manière transparente et à un coût abordable. » Une exigence qui renvoie à la responsabilité directe du gouvernement dans la mise en œuvre effective de cette politique publique.
Contrôles en cascade
L’interpellation intervient dans un contexte de durcissement des contrôles routiers à Kinshasa. Des agents de l’Hôtel de ville sont déployés aux carrefours stratégiques pour vérifier la détention des documents réglementaires, dont le permis biométrique. Cette intensification des contrôles accentue la pression sur les conducteurs, pris entre obligation légale et difficultés d’accès au précieux sésame.
Un test de gouvernance
Au-delà du permis lui-même, c’est la question de la gouvernance administrative qui se trouve posée. Transparence, accessibilité, efficacité : autant de critères sur lesquels l’exécutif est désormais attendu.
L’interpellation de Jean-Pierre Bemba ouvre ainsi une séquence politique où la réponse gouvernementale sera scrutée, tant par les députés que par l’opinion publique. Comme l’écrivait Montesquieu : « Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste. » À Kinshasa, le permis biométrique est désormais jugé à l’aune de cette exigence entre légalité affichée et justice attendue.
Didier BOFATSHI
Okapi, téléphone ya bana mboka

