Kinshasa : Le CSAC frappe fort, quatre télévisions plongent dans le noir pour piratage audiovisuel

Photo d’illustration

Le ciel brouillé des écrans

Kinshasa a vu plusieurs écrans s’éteindre d’un seul souffle. Réuni jeudi 22 mai 2026, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a suspendu pour 90 jours les chaînes Fous de Jésus, Mercure Télévision, TVSCD et Bein Spo, accusées de piratage de contenus audiovisuels protégés. Selon l’information consultée sur ACP par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, deux médias risquent même le retrait de fréquence. Le régulateur dénonce une dérive devenue systémique dans le paysage audiovisuel congolais.

Quand l’image devient contrebande

Derrière les antennes suspendues, c’est toute l’économie invisible des contenus qui vacille. Sports, programmes religieux, émissions reprises sans autorisation : le piratage s’est imposé comme une monnaie clandestine des écrans fragiles. « L’information est un enjeu de pouvoir », écrivait Pierre Bourdieu. À Kinshasa, cette bataille devient désormais juridique, économique et symbolique.

Le marteau numérique

Le CSAC évoque aussi une réforme de ses mécanismes disciplinaires et un rapprochement stratégique avec l’ARPTC pour mieux surveiller l’univers numérique. Car la télévision ne vit plus seulement dans les fréquences ; elle respire désormais dans les réseaux sociaux et les plateformes digitales.

Les écrans sous serment

Cette décision dépasse quatre chaînes. Elle sonne comme un avertissement lancé à tout le secteur médiatique congolais. Entre liberté de diffusion et respect des droits audiovisuels, l’État cherche une ligne d’équilibre. « Le médium est le message », rappelait Marshall McLuhan. Et lorsque le message devient illégal, c’est toute la crédibilité médiatique qui vacille.

Albert Londres prévenait : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, mais de porter la plume dans la plaie. » À l’heure où les écrans façonnent les consciences, la RDC tente de reprendre la souveraineté de ses images avant que le numérique ne transforme définitivement les fréquences en territoires sans frontières.

Didier BOFATSHI

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