Le football sous les décombres
Le choc entre AS Vita Club et Les Aigles du Congo n’a pas seulement laissé un score inachevé. Il a laissé un stade meurtri, des tribunes sous tension et une capitale sous inquiétude. Selon Agence Congolaise de Presse, le ministre provincial des Sports de Kinshasa, Bob Amiso, a dénoncé vendredi au stade Tata Raphaël les graves incidents survenus lors du match arrêté jeudi après des violences de supporteurs.
« Le football, c’est d’abord un sport d’élégance », a déclaré l’autorité sportive kinoise, visiblement choquée par l’ampleur des dégâts matériels et du désordre observé dans l’enceinte sportive.
La colère dans les tribunes
Accompagné du bourgmestre de Kalamu, Charly Luboya, Bob Amiso a effectué une ronde d’évaluation au stade. L’Hôtel de ville attend désormais le rapport de la gestionnaire du stade, Lady Bwira, avant d’annoncer des sanctions ou des mesures sécuritaires.
Dans les couloirs du Tata Raphaël, une inquiétude monte déjà avant les prochaines rencontres prévues dimanche et lundi. Les autorités craignent une récidive.
« La violence est le dernier refuge de l’incompétence », écrivait Isaac Asimov. Une citation qui résonne dans un football congolais fragilisé par les débordements récurrents.
Le ballon sous surveillance
L’Hôtel de ville prévoit de convoquer les dirigeants des clubs de Kinshasa afin d’exiger un meilleur encadrement des supporteurs. Car au-delà des vitres brisées et des sièges endommagés, c’est l’image même du sport congolais qui vacille.
Dans une RDC qui investit pour moderniser ses infrastructures sportives, le spectacle des violences vient rappeler une vérité brutale : sans discipline dans les tribunes, même les plus beaux stades peuvent devenir des arènes de chaos.
Didier BOFATSHI

