Ituri : Mambasa prise en étau, la nuit où l’ombre a kidnappé des vies

Dans l’est de la République démocratique du Congo, une nouvelle attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées a frappé Mambasa dans la nuit du 5 au 6 avril. Incendies, pillages, enlèvements de civils : l’offensive, menée à proximité immédiate du centre urbain, marque un tournant inquiétant. En l’absence de bilan officiel, la peur s’installe, tandis que la répétition des attaques interroge la capacité de riposte sécuritaire.

La nuit dévore la cité

Vers 23 heures, l’ombre a franchi les seuils. Les assaillants surgissent, incendient, pillent, capturent. Des maisons réduites en cendres, des vies arrachées à la nuit. « Jamais les ADF n’avaient attaqué aussi près de Mambasa-centre », alerte la société civile.
Dans ce théâtre de cendres, la violence ne dit pas son nom : elle s’impose.

Otages, butin humain

Les civils deviennent des charges, contraints de porter le fruit du pillage. L’humain ravalé au rang d’outil. Une mécanique de terreur où l’enlèvement sert la logistique de guerre.
Comme l’écrivait Hannah Arendt : « Là où la violence règne, le pouvoir disparaît. »
Ici, la loi cède, et l’homme est capturé jusque dans sa dignité.

Terreur semée, exode en germe

Au matin, Mambasa se fige. Écoles closes, marchés muets, champs abandonnés. « La population est terrorisée », témoigne la société civile. La peur laboure les esprits, prépare l’exode. Déjà, des milliers avaient fui les attaques précédentes. La ville devient refuge fragile, désormais menacé à son tour.

Silences sécuritaires, offensives répétées

Six attaques en huit jours : la répétition fait système. Le chercheur Ildefonse Bwakyaniakazi pointe un vide sécuritaire exploité par les assaillants. Malgré les annonces des autorités et les ripostes des Forces armées de la République démocratique du Congo, la menace s’étend, méthodique, persistante.

Cette attaque n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un territoire sous pression, où la violence teste les limites de l’État. La question n’est plus seulement sécuritaire : elle est existentielle pour les populations.

Comme le rappelait Michel Foucault : « Là où il y a pouvoir, il y a résistance. » À Mambasa, cette résistance reste à écrire entre cendres encore chaudes et silences lourds.

Didier BOFATSHI

RFI / VF7, voletfaceinfos7.com

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