Ituri en alerte : à Bunia, la MONUSCO et les autorités resserrent les rangs face à la tempête sécuritaire

Bunia, 22 avril 2026, Dans une province sous tension permanente, le chef de la MONUSCO, James Swan, a réaffirmé le caractère prioritaire de l’Ituri, au terme d’échanges avec les autorités provinciales. Protection des civils, lutte contre les groupes armés et stabilisation durable : autant de fronts ouverts dans une région minée par les violences et les campagnes de désinformation. En miroir, le gouverneur militaire, Johnny Luboya Nkashama, a salué un partenariat jugé décisif, tout en appelant à restaurer la confiance autour de l’action onusienne.

Bunia, théâtre d’une priorité stratégique

À Bunia, les déclarations prennent des allures d’engagement renouvelé. Face à une insécurité qui s’enracine, James Swan fixe le cap : l’Ituri reste au cœur du dispositif onusien. « L’Ituri demeure une province prioritaire pour la MONUSCO », a-t-il martelé, rappelant que la mission inscrit son action dans une logique de continuité face à des menaces persistantes. Dans ce contexte, la parole officielle se veut à la fois lucide et mobilisatrice : reconnaître la gravité sans céder au fatalisme.

Protéger, contenir, stabiliser

Au fil des échanges avec les autorités provinciales, trois axes structurants émergent : protéger les civils, neutraliser les groupes armés, reconstruire les conditions d’une paix durable. « Face à la persistance des violences, la MONUSCO entend renforcer sa collaboration avec les forces locales afin de répondre efficacement aux menaces qui pèsent sur les populations », souligne la mission, dans une approche coordonnée avec les forces congolaises. Ici, la stratégie repose sur un triptyque opérationnel : présence, coopération, dissuasion autant de leviers pour enrayer une spirale sécuritaire encore active.

Luboya : la MONUSCO, partenaire clé

Du côté des autorités provinciales, le soutien est explicite. Le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, insiste sur la centralité de la mission onusienne dans l’architecture sécuritaire locale. « La MONUSCO est un partenaire clé dans les efforts de sécurisation de la province », a-t-il affirmé, saluant « son apport dans la protection des civils et l’appui aux opérations de stabilisation ». Cette reconnaissance institutionnelle agit comme un contrepoids aux critiques et souligne l’interdépendance entre acteurs nationaux et internationaux.

Désinformation, l’autre front invisible

Mais au-delà des armes, une autre bataille se joue : celle de l’opinion. Le gouverneur dénonce des campagnes visant à fragiliser l’image de la mission onusienne. « Des campagnes de désinformation cherchent à ternir l’image de la MONUSCO », a-t-il regretté, appelant à « une meilleure sensibilisation de la population sur son rôle et ses actions sur le terrain ». Dans un environnement saturé de rumeurs, la guerre de l’information devient un enjeu stratégique, capable d’influencer la perception et donc l’efficacité des opérations de paix.

Cette rencontre à Bunia dessine les contours d’une convergence : autorités congolaises et MONUSCO tentent de parler d’une seule voix face à une crise polymorphe. L’objectif, fragile mais assumé, reste celui d’un retour progressif à la paix. « Il ne peut y avoir de stabilité sans confiance entre les populations et ceux qui les protègent », résume en filigrane cette séquence diplomatique. Et comme le rappelait Nelson Mandela : « La paix n’est pas seulement l’absence de conflit, mais la création d’un environnement où tous peuvent prospérer. » En Ituri, cet horizon demeure à conquérir.

MPC / VFI7

Didier BOFATSHI

Okapi, Téléphone ya bana mboka

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