Haut-Uele : Promesse de retour « dans la dignité » pour plus de 30 000 déplacés de Suka na Mboka après les violences ADF

Une lueur fragile au cœur de l’exil interne

En mission à Isiro le samedi 13 juin 2026, sur instruction des autorités nationales, la ministre d’État en charge des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Eve Bazaiba Masudi, a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur des déplacés de Suka na Mboka, estimés à plus de 30 000 personnes dans le territoire de Watsa, province du Haut-Uele. Selon des informations relayées par CPC, ces populations ont fui les incursions attribuées aux ADF depuis fin avril 2026 et vivent dans une précarité prolongée. Le gouvernement promet un retour « dans l’ordre et la dignité », conditionné par l’amélioration sécuritaire.

Isiro, épicentre d’une réponse humanitaire

Sur le terrain, la ministre a multiplié les consultations sécuritaires avec les autorités provinciales et militaires. Eve Bazaiba Masudi a réaffirmé une ligne claire : le retour des déplacés ne sera possible qu’une fois les conditions de sécurité réunies. Une posture qui cherche à concilier urgence humanitaire et prudence sécuritaire dans une zone encore instable.

Suka na Mboka, territoire de rupture

Les violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont provoqué une onde de choc progressive depuis le 30 avril 2026. En six semaines, les déplacements ont transformé une crise locale en exode massif, passant de quelques milliers à plus de 30 000 personnes. Une dynamique d’effondrement social où la peur devient moteur de migration interne.

Le drame silencieux des camps

Accueillis d’abord à Mungbere puis dans d’autres localités du Haut-Uele, les déplacés vivent dans des conditions précaires prolongées. L’afflux continu met sous pression les capacités locales d’accueil. Dans ce contexte, la promesse d’assistance humanitaire apparaît comme une réponse d’urgence, mais encore fragile face à l’ampleur des besoins.

Entre sécurité et dignité : une équation politique

La déclaration d’un retour « dans la dignité » cristallise l’enjeu central : restaurer non seulement la sécurité physique, mais aussi la stabilité sociale et psychologique des populations. Comme le rappelle le droit humanitaire international, la protection des civils déplacés demeure une obligation fondamentale de l’État.

Une promesse sous surveillance du réel

Dans le Haut-Uele, la parole officielle se heurte à la lenteur des réalités sécuritaires. « La dignité humaine n’est pas une promesse, mais une obligation », écrivait René Cassin, artisan de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Une exigence qui, ici, attend encore sa traduction concrète sur un terrain où chaque retour dépend moins des discours que de la fin effective des violences.

Didier BOFATSHI

Jésus-Christ t’aime

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *