Les minerais au cœur de la paix
Le 22 juillet 2026, à New York, l’Angola a placé la gestion des ressources naturelles au centre du débat mondial. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre angolais des Relations extérieures, Téte António, a affirmé qu’une gestion transparente des richesses minières est essentielle pour la paix, la sécurité et le développement durable, surtout en Afrique centrale.
Aujourd’hui, la gouvernance des ressources naturelles est devenue un enjeu majeur. L’Angola a averti que l’exploitation illégale des minerais continue de nourrir les conflits, d’affaiblir les États et de priver les populations des richesses de leur pays.
Cette prise de position intervient alors que la demande mondiale en minerais stratégiques augmente fortement avec la transition énergétique et les nouvelles technologies.
Quand les minerais alimentent les conflits
Le message de l’Angola rappelle une réalité simple : les ressources naturelles peuvent apporter la richesse, mais elles peuvent aussi alimenter les guerres.
Dans l’est de la République Démocratique du Congo, l’exploitation illégale du coltan, de l’or et d’autres minerais reste liée au financement de groupes armés.
« Les ressources naturelles doivent être des moteurs du développement durable et non des facteurs d’instabilité », a déclaré Téte António.
L’Angola demande ainsi un meilleur contrôle du commerce des minerais et plus de transparence dans leur exploitation.
Un enjeu mondial
Les minerais critiques sont devenus des ressources stratégiques. Le cobalt, le cuivre et les terres rares sont aujourd’hui très recherchés dans le monde.
La gouvernance des ressources naturelles n’est donc plus seulement une question économique. Elle est aussi devenue une question de paix et de sécurité.
L’économiste Richard Auty parlait déjà de la « malédiction des ressources ». Selon lui, un pays riche en minerais peut rester pauvre si ses institutions sont faibles.
L’Angola appelle ainsi à renforcer les institutions et à mieux valoriser les minerais africains.
Le Corridor de Lobito, symbole d’une nouvelle ambition
L’Angola a également mis en avant le Corridor de Lobito, qui relie l’Angola, la RDC et la Zambie.
Ce projet ne vise pas seulement à faciliter le transport des minerais. Il cherche aussi à encourager leur transformation sur place.
L’objectif est clair : permettre à l’Afrique de tirer davantage profit de ses propres richesses.
Comme l’écrivait Frantz Fanon : « L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au Congo. » Cette phrase rappelle l’importance de la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Entre souveraineté et coopération
L’Angola soutient aussi la proposition de la RDC visant à créer un Groupe des amis pour la gouvernance des ressources naturelles.
Cette initiative pourrait renforcer la coopération internationale contre le trafic des minerais.
Car derrière chaque minerai se cachent aujourd’hui des enjeux de paix, de sécurité et de développement.
La gouvernance des ressources naturelles apparaît ainsi comme l’un des grands défis de notre époque.
Comme le rappelait Albert Camus, « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Le véritable défi est donc de mieux gérer les richesses naturelles afin qu’elles deviennent des sources de développement et non des causes de conflits.
Source externe officielle
Maillage interne suggéré
- Crise sécuritaire dans l’Est de la RDC et économie des minerais.
- Corridor de Lobito : nouveau couloir stratégique de l’Afrique australe.
- Diplomatie minière et enjeux de souveraineté en Afrique centrale.
Didier BOFATSHI

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