À New York, Hadja Lahbib a placé la protection des civils au cœur de la diplomatie humanitaire. Son message s’appuie sur une expérience récente dans l’Est de la RDC, où l’accès à l’aide dépend aussi du dialogue avec les acteurs qui contrôlent les territoires.

L’aide avant les lignes de front

Le 21 septembre 2026, en marge de la 81ᵉ Assemblée générale de l’ONU, la commissaire européenne a participé à un événement consacré au respect du droit international humanitaire. L’UE avait placé l’accès humanitaire, la protection des civils et des travailleurs humanitaires au centre des échanges.

Hadja Lahbib a rappelé sa mission de février dans les Grands Lacs. Elle s’était rendue à Kinshasa, au Burundi, au Rwanda et à Goma. À Kinshasa, ses discussions avec les autorités congolaises portaient notamment sur l’accès humanitaire et les corridors vers l’Est.

Elle a également expliqué son choix de dialoguer avec l’AFC/M23 :

« J’ai rencontré des présidents et des ministres. J’ai également échangé avec des travailleurs humanitaires, des représentants de la société civile et des réfugiés ayant fui les combats. J’ai aussi rencontré l’AFC/M23 car, lorsque des vies sont en jeu, il est essentiel de parler à ceux qui peuvent ouvrir des portes, lever les obstacles et acheminer l’aide. »

Des corridors, mais pas la paix

Selon Hadja Lahbib, cette démarche a contribué à faciliter des corridors humanitaires. Elle cite notamment l’axe Beni-Goma et un corridor reliant Bukavu à Uvira. Elle affirme que des convois transportent nourriture, médicaments et produits essentiels. Ces résultats relèvent de l’accès humanitaire. Ils ne constituent pas, à eux seuls, un règlement du conflit.

Jean Pictet résumait la finalité humanitaire par la nécessité de « prévenir et alléger en toutes circonstances les souffrances des hommes ».

Cette distinction donne son sens à la démarche européenne : négocier un passage n’équivaut pas à négocier la paix. Mais sans accès, le droit humanitaire reste difficile à appliquer sur le terrain.

La question demeure donc concrète : ces corridors pourront-ils rester ouverts et sûrs tant que les combats et les négociations politiques se poursuivent ?

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Source : Service européen pour l’action extérieure — mission de Hadja Lahbib en RDC

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