
Le goulet du monde
En pleine tension au Moyen-Orient, Donald Trump a affirmé jeudi 14 mai, lors d’une visite officielle à Pékin, que Xi Jinping souhaite maintenir ouvert le détroit d’Ormuz, verrou énergétique de la planète. Selon le président américain, la Chine aurait proposé son aide afin de sécuriser cette route maritime stratégique. Dans le même temps, l’agence iranienne Tasnim a annoncé avoir autorisé plusieurs navires chinois à traverser la zone contrôlée par Téhéran. Information consultée sur RFI.
Le pétrole sous la gorge
Derrière les mots diplomatiques, une guerre froide commerciale se dessine. Pékin protège ses artères énergétiques. Washington observe. Téhéran sélectionne ses alliés. Le passage accordé aux navires chinois révèle une fracture géopolitique majeure. « La politique internationale est une lutte pour le pouvoir », écrivait Hans Morgenthau. À Ormuz, cette lutte navigue désormais sous pavillon économique.
Pékin avance sans canon
La Chine ne déploie pas de flotte spectaculaire. Elle avance autrement : commerce, influence, dépendance énergétique. Une diplomatie feutrée qui redessine le Moyen-Orient. Pour l’Iran, Pékin devient un partenaire vital face aux pressions occidentales. Pour Washington, cette percée chinoise fragilise un leadership historique dans le Golfe.
Le détroit des nouvelles puissances
Le verrou d’Ormuz dépasse désormais le simple cadre militaire. Il devient un théâtre d’influence mondiale. « Le pouvoir produit des réalités », rappelait Michel Foucault. La réalité qui émerge aujourd’hui est celle d’un monde multipolaire où la Chine s’impose dans le silence des tankers et le fracas des marchés.
Didier BOFATSHI
