Colombie chronique d’un territoire où parler coûte la vie

Sous le vernis d’un accord de paix signé en 2016, la réalité colombienne se dérobe dans une géographie de la peur. Entre 2016 et 2025, près de 1 000 défenseurs des droits humains ont été assassinés dans un pays qui, sur le papier, a tourné la page de la guerre. Le constat du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme est sans ambiguïté : la violence contre les acteurs civils n’est plus résiduelle, elle est systémique.

Silences armés

Dans plusieurs régions, l’autorité de l’État se dilue face à des groupes armés fragmentés, héritiers ou dissidents de l’ancienne guérilla. Ces acteurs imposent leur propre ordre, où les défenseurs des droits humains deviennent des obstacles à éliminer. Le terrain n’est plus seulement disputé : il est verrouillé par la coercition.

Normes en apesanteur

Le droit international humanitaire, issu notamment des Conventions de Genève, impose la protection des civils et des non-combattants. Pourtant, ces normes semblent flotter au-dessus du réel sans toujours y adhérer. Comme l’a rappelé Volker Türk, « la violence contre les défenseurs est devenue structurelle », soulignant l’écart entre le droit et son effectivité.

L’État à la frontière de lui-même

L’État colombien, malgré ses institutions, peine à garantir une présence homogène sur son territoire. Les dispositifs de protection existent mais leur portée demeure inégale, révélant une fragmentation administrative et sécuritaire. Là où l’État recule, d’autres pouvoirs s’installent.

Pressions et récits du monde

Les organisations internationales jouent un rôle de vigie, documentant, alertant, nommant. Leur action ne contraint pas directement, mais façonne les normes, influence les récits et maintient une pression diplomatique constante. L’enjeu n’est pas seulement sécuritaire, il est aussi symbolique : préserver la valeur universelle des droits humains.

Au cœur de cette réalité, une certitude s’impose : sans protection effective, la parole libre devient une cible. « Là où les droits humains s’éteignent, la paix n’est plus qu’un mot. », Hannah Arendt.

RFI / VF7, voltefaceinfos7.com

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