Yangambi, poumon du Congo : L’UNESCO érige la réserve de Tshopo en modèle mondial face à la crise climatique

La réserve de biosphère de Yangambi, située à environ 100 km de Kisangani dans la province de la Tshopo en République démocratique du Congo, a été saluée comme un modèle mondial par l’UNESCO dans une évaluation publiée le mardi 21 avril 2026 portant sur près de 2 300 sites protégés à travers le monde. Vieille de près d’un siècle et soutenue depuis 1977 par l’organisation onusienne, cette forêt primaire du bassin du Congo combine protection environnementale et activités humaines encadrées, avec près de 150 000 habitants vivant de ses ressources. Dans un contexte de pression climatique croissante, Yangambi se distingue par ses dispositifs scientifiques, notamment une tour à flux de 55 mètres permettant de mesurer l’absorption de CO₂, et par des programmes d’agroécologie visant à réduire la déforestation. L’UNESCO souligne ainsi un modèle de gestion intégrée, alors même que les sites naturels mondiaux restent fortement menacés par le changement climatique.

Yangambi, sanctuaire forestier sous reconnaissance mondiale

Le mardi 21 avril 2026, l’UNESCO a publié une évaluation globale de ses sites protégés, consacrant la réserve de Yangambi comme référence en matière de gestion durable. Inscrite dans le réseau des réserves de biosphère depuis 1977, cette forêt du nord-est de la RDC est présentée comme un exemple de conciliation entre conservation et activités humaines.

Une forêt habitée, une économie de survie

Au cœur de la Tshopo, près de 150 000 personnes vivent dans et autour de la réserve. La forêt constitue leur principale source de subsistance. Selon Lucie Félicité Temgoua, directrice de l’ERAIFT, l’enjeu est clair : « ces réserves doivent contribuer à améliorer la subsistance des populations qui sont autour », tout en réduisant la pression sur les écosystèmes.

Agroécologie : détourner la pression sur la forêt

Face à la déforestation, des alternatives sont encouragées, notamment l’agroécologie. L’objectif est de remplacer l’exploitation directe du bois par des systèmes agroforestiers. « Le bois énergie provient dorénavant des plantations agroforestières et non plus du bois coupé en forêt », explique Lucie Félicité Temgoua, soulignant une transition lente mais structurée vers une économie plus durable.

La science au sommet de la canopée

Symbole de cette approche scientifique, une tour à flux de 55 mètres domine la canopée de Yangambi. Elle permet de mesurer précisément la quantité de CO₂ absorbée par la forêt, faisant de ce site le seul du bassin du Congo équipé d’un tel dispositif. Une avancée stratégique pour comprendre le rôle du plus grand puits de carbone tropical au monde.

Un laboratoire mondial sous pression climatique

Alors que l’UNESCO alerte sur les effets du changement climatique sur ses 2 300 sites protégés, Yangambi apparaît comme un laboratoire vivant de résilience écologique. L’enjeu désormais est financier et scientifique : étendre ces dispositifs de mesure à d’autres zones du bassin du Congo pour mieux cartographier le rôle climatique de cette forêt essentielle.

Dans un monde où les forêts reculent, Yangambi incarne une exception fragile mais structurante. Comme le rappelait Wangari Maathai, prix Nobel de la paix : « La protection de l’environnement est inséparable de la justice humaine ». À Yangambi, cette équation prend forme : protéger la forêt, c’est aussi protéger ceux qui y vivent — et, au-delà, l’équilibre climatique de la planète.

Didier BOFATSHI

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