Washington : La RDC érige ses forêts en “poumon du monde” et plaide pour un fonds climatique massif

À Washington, en marge des réunions de printemps de la Banque mondiale tenues ce mercredi 22 avril 2026, la République démocratique du Congo a replacé ses forêts tropicales au centre du débat climatique mondial. Conduite par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la délégation congolaise a porté un plaidoyer appuyé pour la préservation du bassin forestier du Congo, à travers notamment la ministre déléguée Arlette Bahati Tito. Celle-ci a défendu la mise en place accélérée d’un Fonds d’investissement pour les forêts tropicales (TFFF), estimant que la protection de ces écosystèmes dépasse les mécanismes classiques de financement et exige une mobilisation internationale structurée, durable et équitable.

Voix du bassin vert

Dans les couloirs feutrés de la Banque mondiale, la RDC a avancé une idée simple mais lourde de conséquences : sans ses forêts, l’équilibre climatique mondial vacille. Arlette Bahati Tito, ministre déléguée en charge de la Nouvelle Économie du Climat, a porté ce message avec insistance, positionnant le pays comme un acteur central de la transition écologique mondiale.

Le Congo, “pays-solution”

Au cœur de son intervention, une ligne directrice revient avec force : la RDC n’est pas seulement un espace à protéger, mais une solution climatique globale. Une rhétorique assumée par Kinshasa, qui entend transformer son capital forestier en levier diplomatique et économique. La ministre a rappelé la place stratégique du pays aux côtés du Brésil et de l’Indonésie, autres géants forestiers mondiaux, formant ensemble les principaux réservoirs de biodiversité terrestre et de stockage de carbone.

Le pari du TFFF

Le Fonds d’investissement pour les forêts tropicales (TFFF) s’impose comme l’axe central du plaidoyer congolais. Pensé comme un mécanisme innovant, il vise à dépasser les limites de l’aide publique traditionnelle pour financer la conservation à grande échelle. Arlette Bahati Tito a insisté sur trois impératifs : accélérer sa mise en œuvre, garantir un accès équitable aux financements et orienter les investissements vers les communautés locales, premières gardiennes des forêts.

Une diplomatie climatique assumée

Cette prise de parole s’inscrit dans une stratégie plus large impulsée par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait de la diplomatie environnementale un pilier de l’action extérieure congolaise. Sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la RDC cherche à convertir son patrimoine naturel en puissance d’influence internationale.

Entre urgence écologique et enjeux financiers

Derrière les discours, une réalité demeure : les besoins de financement pour protéger durablement le bassin du Congo dépassent largement les mécanismes actuels. La RDC plaide ainsi pour une architecture financière climatique repensée, capable de reconnaître la valeur économique des forêts intactes.

Comme le rappelait Wangari Maathai : « Nous ne sommes pas seulement responsables de l’environnement. Nous sommes l’environnement. » À Washington, la RDC a tenté de transformer cette conviction en architecture financière mondiale, où chaque arbre devient un actif de survie collective.

Didier BOFATSHI

« Okapi : Téléphone ya bana mboka »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *