Uvira : tension persistante malgré le retrait de l’AFC/M23

À Uvira, dans l’est de la RDC, la situation reste fragile 48 heures après le départ officiel des troupes de l’AFC/M23. Si le retrait marque une étape dans la normalisation, la présence de combattants Wazalendo et les scènes de pillage rappellent que la ville demeure sous tension et que le retour à la stabilité sera progressif.

Retrait des troupes et entrée des miliciens locaux

L’AFC/M23 a quitté Uvira le 17 janvier, répondant selon elle à une demande des États-Unis. Cependant, des combattants restés sur place et désormais des miliciens Wazalendo ont commencé à regagner la ville dès le 18 janvier. Les éléments pro-Kinshasa, certains en treillis et d’autres en civil, sont actuellement plus nombreux que les forces régulières de l’armée congolaise (FARDC), dont le gros des effectifs n’est pas encore déployé. Les commandants militaires restent absents, laissant une certaine incertitude sur la chaîne de commandement locale.

Sécurité et administration : un retour lent

Malgré le retrait de l’AFC/M23, les autorités civiles n’ont pas encore retrouvé leurs postes à Uvira, beaucoup restant à Bujumbura, au Burundi. Le chef-lieu provincial ayant été transféré officiellement à Baraka, à 90 kilomètres au sud, la réorganisation administrative progresse lentement. Sur le plan sécuritaire, de nouvelles scènes de pillage ont été signalées dans les hôtels, boutiques et dépôts du port. Des coups de feu ont été entendus la nuit dernière et tôt ce lundi matin, avant un retour progressif au calme.

Vie quotidienne et frontière

Malgré ces tensions, la vie reprend lentement : le trafic commence à redémarrer et les marchés ont rouvert. Cependant, la frontière avec le Burundi reste fermée, limitant les échanges et la mobilité des populations locales. Le retrait de l’AFC/M23 et l’entrée des Wazalendo illustrent l’entre-deux sécuritaire dans lequel Uvira reste prisonnière, avec un contrôle effectif encore partiel de l’État.

Le retrait officiel de l’AFC/M23 constitue un pas vers la stabilisation, mais la persistance des milices locales, l’absence de commandement clair et les tensions sécuritaires montrent que le retour à l’ordre durable nécessitera une présence renforcée des FARDC, un soutien international coordonné et la réinstallation rapide des autorités civiles.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

 

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