Alors que le M23 avait annoncé son retrait d’Uvira, la ville du Sud-Kivu continue de trembler sous le fracas des armes. Les affrontements avec les milices locales pro-Kinshasa paralysent la vie quotidienne et plongent les habitants dans un silence oppressant, entre peur et incertitude, selon TV5 Monde.
Tirs croisés et stratégie invisible
Les collines et quartiers sud de la ville résonnent des balles et explosions. Les positions surélevées et le port de Kalundu deviennent théâtre d’un duel invisible. Malgré l’annonce officielle, le M23 maintient des combattants et policiers en tenue civile, créant un retrait partiel trompeur. L’armée congolaise dénonce ce qu’elle qualifie de « coup médiatique », révélant un conflit où la réalité militaire se dérobe aux yeux des diplomates.
Civils pris au piège
Paralysée, Uvira voit ses habitants enfermés chez eux, les activités économiques stoppées. Les tirs sifflent au-dessus des maisons et une bombe a déjà touché une parcelle à Mulongwe. Le quotidien devient un combat pour survivre, où chaque rue, chaque colline, est un territoire de peur et de vigilance.
Diplomatie et tensions persistantes
Mercredi dernier, le M23 évoquait un retrait sous pression diplomatique, notamment après un accord entre Kinshasa et Kigali à Washington. Sur le terrain, pourtant, le déploiement de forces déguisées et les combats sporadiques montrent que la paix annoncée reste fragile et conditionnelle. La frontière burundaise voisine ajoute un risque régional supplémentaire, exposant Uvira à des répercussions transfrontalières.
Didier BOFATSHI