Uvira-Bujumbura : la frontière qui rouvre les poumons du Grand Kivu

À l’aube, la barrière s’est levée. Entre Uvira et Bujumbura, le poste de Kavimvira a rouvert, de 5 h à 17 h. Décision actée après concertations sécuritaires avec Gitega, annoncée par le gouverneur du Sud-Kivu. Plus de 10 000 passages dès le premier jour : le flux dit l’urgence. La menace de l’AFC/M23 serait « significativement réduite ». La région, elle, respire à nouveau.

Le corridor qui bat

Ici, la frontière n’est pas une ligne : c’est une artère. Terrestre et lacustre, l’axe burundais irrigue près de la moitié de l’économie provinciale. Des ports de l’océan Indien Dar es Salaam, Mombasa jusqu’au Grand Kivu, les marchandises circulent, les marchés vivent. « Les échanges sont le moteur de la paix », écrivait Montesquieu. À Uvira, la reprise a le goût d’un redémarrage vital.

L’isolement, puis l’élan

Commerçants et transporteurs reprennent souffle. « C’était comme être isolés du reste du monde », confie un entrepreneur. La réouverture n’efface pas les cicatrices, mais elle restaure la continuité. « La liberté, c’est la circulation », rappelait Paul Ricœur. Ici, circuler, c’est travailler ; travailler, c’est tenir.

L’urgence qui traverse

Près de 400 000 déplacés dans la zone, plus d’un million de personnes dans la plaine de la Ruzizi : la frontière est aussi un couloir humanitaire. Le Programme alimentaire mondial annonce des vivres, la Croix-Rouge renforce ses opérations. Un médecin revenu de Bujumbura reprend ses consultations, une césarienne, un enfant qui naît. « La vie l’emporte », disait Victor Hugo. Dans les salles d’opération comme aux postes douaniers.

L’équilibre sous surveillance

La cérémonie officielle réunira Kinshasa et Bujumbura. Mais la géopolitique ne se décrète pas : elle se stabilise. « La paix se prépare », avertissait Kofi Annan. La décrue sécuritaire devra durer, l’inclusivité s’ancrer, la confiance s’éprouver.

Cette barrière levée ne sépare plus elle relie. Uvira ne rouvre pas seulement un poste ; elle rouvre un horizon. Et comme l’écrivait Albert Camus, « au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible ». À la frontière, cet été s’appelle circulation.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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