Le 19 février 2026, l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a dévoilé le spécimen de sa nouvelle carte de presse, destinée à encadrer les professionnels des médias et à renforcer la crédibilité du journalisme en République démocratique du Congo. La cérémonie s’est tenue en présence du directeur de cabinet du ministre de la Communication, Nicolas Lianza, représentant ce dernier empêché.
Une preuve d’identité et de légitimité
Pour Kamanda wa Kamanda, président national de l’UNPC, « il ne s’agit pas d’un outil contraignant, mais d’un mécanisme d’encadrement et de protection pour les journalistes régulièrement établis ». La carte constitue « à la fois une preuve d’identité professionnelle, un instrument de sécurisation et un repère éthique », permettant de distinguer les journalistes formés et reconnus de ceux exerçant sans légitimité.
Comme le rappelle Bill Kovach, éminent théoricien du journalisme, « l’intégrité professionnelle repose sur la crédibilité et la responsabilité personnelle », ce que la carte vise à matérialiser dans un contexte congolais marqué par des défis sécuritaires et informationnels.
Journalistes : acteurs de la souveraineté narrative
Intervenant au nom du ministre, Nicolas Lianza a replacé cette réforme dans le cadre de la stabilité nationale : « Les journalistes sont des acteurs de la souveraineté narrative ; leur travail contribue à défendre la vérité du pays, façonner son image et préserver l’unité nationale face aux défis informationnels contemporains. »
Cette approche fait écho aux travaux de Denis McQuail, qui souligne que « les médias ne sont pas seulement des informateurs, mais aussi des régulateurs sociaux et des garants de la cohésion démocratique ». La carte devient ainsi un outil pour protéger ceux qui jouent ce rôle stratégique, en particulier dans les zones de conflit comme l’Est de la RDC.
Professionnalisation et encadrement juridique
Charles Dimandja, président de la Commission de la carte de presse de l’UNPC, a souligné l’importance de la nouvelle exigence académique : l’obtention d’un diplôme reconnu en journalisme devient une condition indispensable pour exercer, rompant avec la prédominance de la formation informelle.
En droit, cette mesure s’inscrit dans une logique de régulation professionnelle rappelant les principes posés par la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine de la communication : « La liberté de la presse doit être exercée dans le respect des règles professionnelles et de la responsabilité sociale », comme le notait John Hohenberg, spécialiste du droit des médias.
Une étape vers l’assainissement du secteur
L’initiative de l’UNPC vise à structurer durablement le paysage médiatique national, à renforcer les standards éthiques et à améliorer l’image du journalisme en RDC. Elle représente une avancée symbolique et pratique, combinant protection des journalistes, professionnalisation et encadrement juridique.
En adoptant ces mesures, le journalisme congolais se rapproche de l’idéal formulé par Walter Lippmann : « La fonction de l’information est de permettre aux citoyens de décider avec connaissance de cause. » La nouvelle carte de presse devient ainsi un instrument pour garantir que cette mission essentielle soit exercée avec légitimité et responsabilité.
RTNC / voltefaceinfos7.com