À Kinshasa comme à Goma, les mots ont claqué comme des tambours. Face au refus présumé du président Félix Tshisekedi d’ouvrir un dialogue national inclusif, Lamuka hausse le ton. Par la voix de son porte-parole Prince Epenge, l’opposition affirme sa détermination : le dialogue aura lieu, avec ou sans le chef de l’État. Une déclaration qui bouscule les équilibres politiques et relance le débat sur la gouvernance, la crise sécuritaire à l’Est et l’avenir institutionnel de la RDC.
Le dialogue, arraché à la tour du pouvoir
Dans une vidéo diffusée samedi sur les réseaux sociaux, Prince Epenge a posé une ligne claire, presque tranchante. Pour Lamuka, le dialogue national ne saurait être otage d’une volonté individuelle. « Si Monsieur Tshisekedi ne veut pas de ce dialogue, nous allons l’organiser sans lui », a-t-il lancé. Le message est direct : le dialogue n’est pas un privilège présidentiel, mais un impératif national, dicté par l’urgence sécuritaire et politique. L’opposition renverse ainsi la pyramide du pouvoir, plaçant la nation avant le palais.
La dénonciation d’un pouvoir personnalisé
Au cœur du propos, une critique sévère de la personnalisation du pouvoir. Prince Epenge fustige une gouvernance qu’il juge centrée sur un homme, au détriment des institutions.Selon lui, conditionner l’avenir du Congo à une seule figure revient à figer l’État, à suspendre les solutions, à laisser la crise s’enraciner. Le Congo, suggère-t-il, est plus vaste que ses dirigeants, plus ancien que leurs mandats.
Lamuka, de l’opposition à la proposition
Au-delà de la charge politique, Lamuka cherche à se positionner en acteur de sortie de crise. En plaçant le dialogue au centre de son discours, la coalition affirme vouloir dépasser la confrontation pour explorer des solutions durables aux impasses sécuritaires, politiques et institutionnelles. Cette déclaration agit comme une pression, mais aussi comme un signal : si le cadre officiel se ferme, d’autres chemins seront empruntés. Une question demeure : le Congo peut-il se permettre d’attendre, quand l’Est brûle et que la nation vacille ?
Par Didier BOFATSHI