Après la sortie médiatique controversée du général Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, le gouvernement congolais installe un mécanisme inédit de contrôle de la communication officielle. Entre vigilance stratégique et responsabilité républicaine, la parole publique se fait désormais filtre et garde-fou, au nom de l’unité et de la cohésion nationale.
La voix militaire encadrée
La tempête est née d’un mot mal pesé, d’un propos jugé stigmatisant envers les femmes tutsies. Le général Ekenge devient symbole d’un dérapage possible : l’armée, institution sacrée, ne doit pas franchir la ligne de la neutralité politique. Le président Félix Tshisekedi impose le recadrage : parole militaire et parole d’État ne peuvent se confondre.
Concertation et centralisation : la parole filtrée
Le nouveau dispositif associe le conseiller en communication de la présidence, la Primature, l’État-major des FARDC et la Police nationale. Toute communication sur la RTNC doit désormais être validée, anticipée, réfléchie. L’objectif est clair : prévenir les dérives, harmoniser les messages, protéger la crédibilité de l’État et la confiance du public.
Responsabilité et éthique au cœur du message
« La parole publique ne doit être ni émotionnelle ni improvisée », rappelle Tshisekedi. Au-delà de la réprimande, c’est une philosophie de gouvernance : chaque mot est un instrument, chaque phrase un maillon de cohésion. L’État sculpte sa voix, impose sa mesure et transforme la parole en acte de stabilité.
Didier BOFATSHI