Quand Luanda parle, l’Afrique écoute Cessez-le-feu dans l’Est de la RDC : l’appel d’une conscience continentale

Dans le fracas des armes et le murmure des diplomaties concurrentes, João Lourenço élève la voix. Une voix africaine, grave et pressante, qui appelle au silence des fusils dans l’Est de la RDC. Un appel à la trêve, immédiat et sans conditions, lancé depuis le sommet de l’Union africaine.

Lourenço, ou la parole institutionnelle

Luanda n’est plus seulement une capitale : elle devient une tribune. En sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, João Lourenço incarne l’Afrique qui refuse l’embrasement régional. Son appel n’est pas une improvisation, mais une phrase longue, écrite dans la continuité des processus de Washington et de Doha, comme un fil tendu entre des diplomaties éclatées.

Le cessez-le-feu comme respiration

Dans l’Est congolais, la guerre est une suffocation. Lourenço propose une respiration. Le cessez-le-feu n’est pas la paix, mais il en est la porte entrouverte. Une pause vitale pour les civils, une suspension nécessaire pour que la politique reprenne ses droits sur la poudre.

Une Afrique qui assume

En interpellant Kinshasa, Kigali et l’AFC/M23, Lourenço distribue la responsabilité sans détour. Il rappelle que les accords signés ne sont pas des parchemins décoratifs, mais des promesses engageantes.

Rétrospectivement, l’appel de Lourenço s’inscrit dans une Afrique souvent éprouvée par ses propres conflits. Prospectivement, il dessine une ambition : celle d’un continent qui parle d’une seule voix, non pour imposer, mais pour prévenir. Si la paix est un chemin, cet appel en est une borne. Une borne africaine.

Didier BOFATSHI

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