Vendredi 19 décembre 2025, Uvira tremble, puis respire. Après avoir été occupée par les rebelles de l’AFC/M23, la ville stratégique du Sud-Kivu se libère sous l’effet d’une pression américaine directe sur Kigali. À Kampala, un sommet régional se prépare pour éviter que la crise locale ne s’embrase et ne transforme l’Est de la RDC en poudrière régionale.
Retrait forcé : la diplomatie en action
L’avancée des rebelles le long de l’axe Kamanyola-Uvira avait soulevé l’alarme des pays voisins et de la communauté internationale. La ville, point névralgique et symbole de l’autorité provinciale, avait basculé sous le contrôle des forces armées illégales. Mais la pression diplomatique exercée par Washington sur Kagame a forcé un retrait stratégique, rappelant que, même sur le terrain, la plume et le téléphone peuvent parfois l’emporter sur le fusil.
Kampala : une table pour conjurer la guerre
L’Ouganda convoque les chefs d’État régionaux pour un sommet aux enjeux clairs : dialogue, coordination et prévention. L’objectif est double : éviter que la déstabilisation locale ne devienne un conflit transfrontalier et harmoniser la réponse militaire et humanitaire. Le sommet devient un théâtre diplomatique où se joue l’équilibre fragile de la paix régionale.
L’accord de Washington : fragile fil de confiance
L’accord bilatéral entre Tshisekedi et Kagame avait été conçu pour sécuriser la frontière Est et encadrer le retrait des rebelles. Mais la prise d’Uvira, suivie du retrait sous pression américaine, révèle la fragilité des engagements et la profondeur de la méfiance. La stabilité de la région dépend désormais de la capacité des acteurs à traduire la parole en actes concrets sur le terrain.
Défis et enjeux : entre diplomatie et réalité
Le sommet de Kampala devra surmonter des obstacles complexes : volonté réelle de coopération, contrôle des mouvements rebelles et confiance restaurée. La pression internationale a montré son efficacité ponctuelle, mais la paix durable exige des engagements visibles, soutenus par une action locale et régionale coordonnée.
Le retrait des rebelles d’Uvira offre une fenêtre diplomatique à saisir. Entre menace et espoir, entre armes et négociations, l’Est de la RDC reste fragile. Le sommet de Kampala pourrait transformer cette crise en levier de stabilité, à condition que la parole et l’action avancent main dans la main.
Rédigé par Didier BOFATSHI