Ouganda : Occident sous visa

L’Ouganda a annoncé une nouvelle politique migratoire qui bouleverse les équilibres diplomatiques : les citoyens des États-Unis, du Royaume-Uni et des pays de l’Union européenne restent soumis à l’obligation de visa, tandis que les ressortissants de 40 pays, principalement africains, pourront entrer librement sur le territoire.

La réforme, dévoilée par les autorités à Kampala, vise officiellement à faciliter les déplacements régionaux, stimuler le tourisme et renforcer les échanges économiques. Dans cette logique, plusieurs pays africains dont le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, le Ghana ou encore le Mozambique bénéficient désormais d’une exemption de visa.

Mais l’exclusion des partenaires occidentaux majeurs donne à cette mesure une dimension politique évidente. Les ressortissants américains, britanniques et européens devront continuer à effectuer des démarches administratives pour entrer dans le pays.

Cette décision intervient dans un contexte international tendu. En janvier 2026, les États-Unis ont durci leur politique migratoire envers plusieurs pays, notamment en Afrique, avec des restrictions supplémentaires et le gel de certaines procédures d’immigration.

À Kampala, le gouvernement insiste toutefois sur une approche pragmatique : la réforme viserait avant tout à renforcer l’intégration régionale africaine, tout en maintenant des contrôles jugés nécessaires pour certaines nationalités. « Les frontières disent souvent plus de la politique que de la géographie », observait l’historien Eric Hobsbawm.

Avec cette décision, l’Ouganda semble envoyer un message clair : ouvrir grand ses portes à l’Afrique, tout en redéfinissant ses rapports avec l’Occident. Une politique migratoire qui pourrait bien redessiner les lignes d’influence sur le continent.

Africanews / VF7, via voltefaceinfos7.com

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