Mozambique : le Rwanda brandit la menace

Le Rwanda a averti qu’il pourrait retirer ses troupes du nord du Mozambique, où elles appuient la lutte anti-jihadiste, faute de financement durable, selon le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe. Depuis 2021, environ 1 000 soldats et policiers rwandais opèrent dans la province de Cabo Delgado pour contrer une insurrection affiliée à l’État islamique. Cette région stratégique, riche en gaz naturel, abrite d’importants projets gaziers de multinationales comme TotalEnergies, ENI ou ExxonMobil.

Un coût humain et financier immense

Le Rwanda souligne que le financement européen actuel, via la « Facilité européenne pour la paix », couvre environ 20 millions d’euros, alors que le coût réel pour Kigali est au moins dix fois supérieur. Olivier Nduhungirehe dénonce que les sacrifices des soldats rwandais, engagés pour stabiliser la région et protéger les populations déplacées, ne soient ni reconnus ni valorisés.

Stabilité en jeu et enjeux énergétiques

Le retrait rwandais pourrait fragiliser la sécurité locale, mettant en péril le retour des déplacés, la scolarisation des enfants et la reprise des activités économiques, notamment le projet gazier de 20 milliards de dollars de TotalEnergies, gelé depuis l’attaque jihadiste de Palma en 2021.

Pression internationale et reconnaissance

Le gouvernement rwandais réclame reconnaissance et soutien, rappelant que ses forces assurent la sécurité dans une région où les investissements internationaux dépendent directement de la stabilité militaire.

Comme le souligne Sun Tzu : « Celui qui occupe le terrain sans être reconnu perd sa victoire avant même de l’avoir remportée ». Au Cabo Delgado, le Rwanda semble prêt à poser ses conditions pour continuer la bataille.

RFI / voltefaceinfos7.com

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