Minembwe sous les drones : le ciel crache le feu, la paix vacille

Alors qu’un cessez-le-feu est annoncé, les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu grondent encore. À Minembwe, en territoire de Fizi, les bombardements se poursuivent. Les affrontements opposent les combattants Twirwaneho, alliés à l’AFC/M23, aux forces armées congolaises appuyées par l’armée burundaise et des miliciens Wazalendo. La guerre ne s’est pas tue ; elle bourdonne.

Le ciel en furie

« Nous sommes toujours bombardés par des drones du gouvernement », lance Mufashe Santos, président de la société civile locale. Le ciel est devenu une menace mécanique. Les drones survolent, frappent, dispersent. Les maisons civiles seraient visées. La peur est aérienne, persistante, sans visage. Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, la technologie transforme le relief en champ d’expérimentation létal.

Silence coupé, vies suspendues

Depuis plus d’un mois, les réseaux téléphoniques sont interrompus. L’isolement est total. « On faisait même le marché sur le téléphone », témoigne Santos. Le conflit ne détruit pas seulement des toits ; il asphyxie les échanges, fracture l’économie informelle, coupe le souffle social. « La violence est l’arme des faibles », écrivait Hannah Arendt. Ici, elle est aussi l’arme des hauteurs, invisible et continue.

La paix sous condition

Malgré l’appel américain à la cessation des hostilités, les combats persistent. À Goma, la cheffe de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, Vivian Van de Perre, rencontre les responsables de l’AFC/M23 et le Mécanisme conjoint de vérification élargi. La diplomatie s’active, mais Minembwe brûle.

L’appel aux portes closes

« Je voudrais m’adresser à l’Union africaine », implore Santos. Derrière la supplique, une accusation implicite : l’abandon. Les couloirs humanitaires sont réclamés, les civils piégés entre lignes mouvantes et frappes nocturnes. La guerre des collines révèle une vérité crue : le cessez-le-feu proclamé ne vaut rien sans volonté d’exécution. « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », rappelait Carl von Clausewitz.

À Minembwe, la politique semble avoir choisi le ciel comme porte-voix. Reste une question, brûlante : qui fera taire les drones pour que la paix, enfin, atterrisse ?

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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