L’Est du Congo, le temps violé

Une femme toutes les quatre minutes. Un enfant toutes les trente. Dans l’Est de la République démocratique du Congo, le temps ne s’écoule plus : il agresse. L’alerte lancée par le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, résonne comme un coup de tonnerre dans un ciel diplomatique trop calme. Derrière ces chiffres, une réalité nue : la violence sexuelle est devenue un rythme, presque une horloge de guerre.

Qualifiant la situation de « conflit oublié », Prévot ne vise pas seulement les groupes armés. Il interpelle l’Europe. Pourquoi cette tragédie massive reste-t-elle en marge de l’agenda international ? Comme l’écrivait Hans Morgenthau, « la politique internationale est une lutte pour le pouvoir » et certaines souffrances pèsent moins que d’autres.

L’horloge du viol

Ici, le corps des femmes et des enfants est un champ de bataille. La politologue Cynthia Enloe rappelle que « les guerres se gagnent aussi sur le dos des femmes ». En RDC, ces crimes ne sont plus des accidents : ils sont systémiques, tolérés par le silence.

L’oubli comme stratégie

Dire « conflit oublié », c’est révéler u2ne mécanique. Stephen Krasner parlait de la souveraineté comme d’une « hypocrisie organisée ». On l’invoque, on la laisse se dissoudre. L’Est du Congo paie le prix d’un multilatéralisme fatigué.

L’humanitaire en dernier recours

Quand Prévot réclame la réactivation de l’aéroport de Goma, il ne demande pas la paix, mais l’oxygène. Hannah Arendt avertissait : « Là où la violence règne, la politique disparaît ». Il ne reste alors que l’urgence humanitaire.

Ce drame ne révèle pas seulement la brutalité des armes, mais l’érosion des consciences. Et si le vrai scandale, comme le suggère Edward Said, était que certaines tragédies nous paraissent normales ? « Le mal le plus profond est celui qui ne choque plus. »

Okapi / VF7, via voltefaceinfos7.com

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