À Kinshasa, la justice a pris des allures de chantier stratégique. Le Président de la Cour constitutionnelle et du Conseil Supérieur de la Magistrature, Dieudonné Kamuleta Badibanga, a reçu une délégation de l’Université Protestante de Lubumbashi. Au cœur des échanges : la formation des magistrats, matrice silencieuse de l’État de droit.
Cette audience prolonge une dynamique amorcée à Lubumbashi, lors du lancement de la formation des nouveaux magistrats du Haut-Katanga. Une continuité institutionnelle, un signal de structuration. Comme l’écrivait Montesquieu : « Il n’y a point de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée des autres pouvoirs. » Former ceux qui jugent, c’est consolider la République.
L’Université au chevet du Droit
La visite du Recteur Lee See Young ne relève pas du protocole. Elle consacre un partenariat académique au service de la magistrature. Gratitude exprimée, engagement renouvelé : l’Université Protestante de Lubumbashi entend faire de sa Faculté de Droit un creuset d’excellence. Former n’est pas instruire seulement. C’est transmettre une éthique.
La justice en mutation
Le système judiciaire congolais traverse une phase de réformes. Dans ce contexte, l’appui des institutions académiques privées devient levier complémentaire. Max Weber rappelait que « l’État moderne repose sur une administration compétente et rationnelle ». La compétence judiciaire n’est pas accessoire ; elle est fondatrice.
Réformer par le savoir
En se déclarant prête à accompagner les réformes en cours, l’université inscrit son action dans une logique structurelle. Le droit se construit dans les amphithéâtres avant de s’imposer dans les prétoires. L’indépendance judiciaire naît aussi de la qualité de la formation.
La rencontre de Kinshasa dépasse la courtoisie institutionnelle. Elle révèle une ambition : professionnaliser durablement la magistrature pour renforcer la crédibilité des décisions de justice.
Car, comme le soulignait Portalis, rédacteur du Code civil : « Les lois sont faites pour les hommes, et non les hommes pour les lois. » Former des magistrats, c’est donner chair à cette vérité. Et façonner, robe après robe, l’ossature morale de l’État.
Serge BOKATOLA / via voletfaceinfos7.com