Léopards de la RDC : Desabre hérite, reconstruit et parie sur le temps long

Dans un entretien accordé à So Foot, le sélectionneur des Léopards, Sébastien Desabre, a salué l’œuvre fondatrice de Florent Ibenge et assumé une vision patiente du projet congolais. Entre mémoire, rigueur et projection, le technicien français trace une ligne de continuité plutôt qu’une rupture.
Jeudi 18 décembre 2025, Sébastien Desabre a choisi le recul plutôt que l’autocélébration. À la tête des Léopards depuis plusieurs saisons, le sélectionneur de la RDC revendique un héritage, celui de Florent Ibenge, et défend une construction progressive, loin des mirages de l’urgence. Un discours rare, lucide, à l’image d’une sélection en quête de stabilité.
Ibenge, la fondation silencieuse
Dans le football, les succès aiment les raccourcis. Desabre, lui, regarde dans le rétroviseur. Il reconnaît à Florent Ibenge un travail structurant, une ossature sans laquelle les progrès actuels seraient illusoires. Discipline, crédibilité continentale, identité de jeu : l’ancien sélectionneur a laissé des piliers. Après son départ, l’édifice a vacillé. Desabre dit être arrivé au milieu des gravats.
Réparer le lien avec le peuple
Le mot est fort : désamour. Plus qu’une crise de résultats, la sélection avait perdu son miroir. Desabre a voulu une équipe « rigoureuse et combative », capable de ressembler au pays qu’elle représente. Sur le terrain, cela s’est traduit par plus d’engagement collectif, moins de dispersion, une sélection reconnaissable, donc appropriable par le public.
Le collectif avant l’entraîneur
Le technicien français refuse le mythe de l’homme providentiel. Il insiste sur le rôle du staff, de l’organisation, de la continuité du travail. En sélection, rappelle-t-il, tout peut basculer vite. La solidité ne vient pas d’un nom, mais d’un cadre.
Le pari du temps long
Desabre ne promet pas des miracles immédiats. Il parle d’années, de progression, d’équilibre entre joueurs locaux et binationaux. Pour lui, cette diversité est une richesse, pas une fracture. L’objectif est clair : installer durablement les Léopards parmi les sélections compétitives du continent.
Une ambition sans tapage
En filigrane, le message est simple : le football congolais avance mieux quand il se souvient d’où il vient et sait où il va. Desabre n’efface pas l’histoire. Il la prolonge. Et mise sur le temps, cet adversaire que peu d’entraîneurs osent affronter.
Didier BOFATSHI

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