Kinshasa sous tension : les évêques catholiques dénoncent pauvreté, insécurité et violences sociales en spirale

Cri pastoral

À l’issue de leur Assemblée épiscopale tenue à Inongo, les évêques de la province ecclésiastique de Kinshasa tirent une nouvelle sonnette d’alarme sur la dégradation sociale et sécuritaire. Selon l’information consultée sur actualite.cd par la rédaction de Voltefaceinfos7.com, ils décrivent une société fragilisée par la pauvreté, l’insécurité et la montée des violences verbales et physiques.

Un diagnostic sans filtre

Les prélats évoquent « la pauvreté, l’insécurité généralisée, les attaques ciblées contre l’Église catholique », ainsi que la « montée vertigineuse des violences ». À cela s’ajoutent les tracasseries administratives, la corruption et l’abandon de la jeunesse.

Ce tableau, dressé par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), révèle une lecture systémique des fragilités sociales.

Plaie sociale élargie

Les évêques dénoncent aussi les barrières illégales, les taxes inappropriées et l’enclavement des territoires, autant de facteurs qui accentuent l’exclusion économique et la fragmentation sociale dans la province ecclésiastique.

Reconnaissance nuancée de l’État

Dans leur déclaration finale, les évêques saluent néanmoins les efforts du gouvernement dans l’amélioration de l’accès à l’électricité et des infrastructures routières dans certaines zones. Ils reconnaissent également les avancées dans la lutte contre la milice Mobondo, tout en appelant à la continuité de ces efforts.

Lecture implicite : un pays sous pression structurelle

Au-delà du constat pastoral, le message traduit une tension profonde entre attentes sociales et capacité institutionnelle de réponse. La parole religieuse devient ici un miroir social, révélant les fractures de gouvernance. « La justice sociale est le premier devoir de toute société qui veut survivre », rappelait Léon XIII dans Rerum Novarum.

Entre dénonciation et appel à la responsabilité, l’Église catholique se positionne comme vigie sociale. « Quand la justice recule, la paix devient fragile », avertit un principe constant de la doctrine sociale de l’Église. Et dans ce silence social fissuré, une question persiste : combien de temps une société peut-elle supporter ses propres fractures avant de se réinventer ?

Didier BOFATSHI

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