Kiev applaudit, la mer devient ligne de front

L’Ukraine a salué l’interception en mer du Nord d’un navire de la « flotte fantôme » russe, y voyant une riposte concrète à l’économie de guerre de Russie. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a estimé que « de telles actions résolues et justifiées sont nécessaires pour priver la Russie des ressources lui permettant de poursuivre son agression ». Il appelle les partenaires occidentaux à multiplier sanctions et mesures coercitives pour « faire progresser la paix par la force ».

Derrière cette formule se dessine l’arrière-plan du conflit russo-ukrainien, déclenché par l’invasion russe de février 2022. Depuis, la bataille ne se joue pas seulement sur les lignes de front terrestres : elle s’étend aux flux énergétiques, aux assurances maritimes et aux circuits opaques du commerce pétrolier. La « flotte fantôme » ces pétroliers vieillissants aux pavillons fluctuants et aux propriétaires dissimulés constitue l’un des instruments de contournement des sanctions occidentales.

Certains experts évoquent également une dimension de « guerre hybride » : au-delà du transport de brut, ces navires pourraient faciliter des opérations de renseignement ou de sabotage. En février, la présence d’employés de la société privée russe Moran Security Group à bord d’un tanker suspect saisi par la France a renforcé ces soupçons. En janvier, les forces françaises avaient déjà arraisonné un autre pétrolier, le Grinch, dans une opération similaire.

La mer, ainsi, devient prolongement stratégique du conflit. Comme l’écrivait Carl von Clausewitz, « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » ; aujourd’hui, ces moyens passent aussi par le contrôle des routes maritimes et des ressources énergétiques.

À mesure que Kiev presse ses alliés d’intensifier la pression, une certitude s’impose : dans cette guerre d’usure, chaque cargaison interceptée est perçue comme une brèche dans le financement du Kremlin et une tentative de rééquilibrer un rapport de force qui, depuis plus de quatre ans, redessine l’Europe.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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