À Kisangani, dans la commune de Kabondo, un cimetière autrefois paisible est devenu le théâtre d’une dérive
urbaine inquiétante. Le cimetière de Kambakamba, lieu de repos des défunts, voit désormais pousser maisons, terrasses et boîtes de nuit directement sur les tombes. Une situation dénoncée par la Synergie des avocats pour le développement durable (SADD) comme une « profanation à ciel ouvert ».
Les pelleteuses sur le silence des morts
Selon la SADD, cette spoliation dépasse largement les simples irrégularités urbanistiques. L’organisation pointe du doigt un réseau mafieux bien structuré, bénéficiant de complicités au sein de l’administration foncière, de la municipalité et même des services de sécurité et de renseignement.
« Les pelleteuses n’ont pas reculé malgré nos alertes. La spoliation est profonde et systématique », dénoncent ses membres, alors que le bruit des travaux perturbe le repos des défunts et indigne les habitants.
Un réseau mafieux à ciel ouvert
La correspondance envoyée au Procureur général près la Cour d’appel de Kisangani souligne que cette urbanisation sauvage n’est pas un incident isolé, mais le fruit d’une organisation criminelle organisée. La SADD appelle à une enquête minutieuse et au démantèlement de ce réseau, afin de restaurer la légalité et l’ordre sur le site. Recommandations pour protéger le repos éternel. Pour mettre fin à cette dérive, la SADD exige :
- L’annulation des titres fonciers illégaux.
- Le déguerpissement immédiat des occupants.
- La sécurisation durable du site par l’État.
Ces mesures visent à garantir le respect des défunts et de la mémoire collective, tout en préservant un patrimoine culturel et social.
Un cri pour la mémoire et la justice
Alors que les travaux se poursuivent, la société civile et les familles des défunts réclament l’intervention urgente des autorités pour mettre un terme à cette situation scandaleuse.
Comme le rappelait l’écrivain Victor Hugo : « Ce que l’on fait pour la mémoire des morts, on le fait pour la conscience des vivants ». À Kambakamba, chaque maison ou boîte de nuit érigée sur une tombe devient un avertissement silencieux : protéger la mémoire, c’est défendre la dignité humaine.
Okapi / voltefaceinfos7.com