Une reprise en main administrative, fiscale et numérique qui entre dans une phase décisive
Le ministère des Finances rappelle, à Kinshasa, son pouvoir sur les jeux d’argent et de hasard. Son communiqué du 27 août 2026 vise les paris sportifs, casinos, loteries et concours de pronostics. La réforme engagée depuis 2025 cherche désormais à passer des textes à leur application concrète.
Une compétence désormais clairement établie
Le ministère fonde sa position sur l’Ordonnance n°25/293 du 15 décembre 2025. Elle lui confie l’enregistrement et la régulation du secteur. La Loi de finances de 2024 avait déjà transféré certaines taxes liées aux jeux vers son portefeuille.
Le ministère demande donc aux opérateurs de s’identifier, d’obtenir les autorisations requises et de payer les taxes aux services habilités. Il avertit aussi contre les contrôles et paiements réclamés par des services non compétents.
De 2025 à 2026, la réforme change d’échelle
Le gouvernement avait engagé cette réforme en 2025. En janvier 2026, il a installé la Cellule de Surveillance des Jeux d’Argent et de Hasard (CSJA). Elle suit les opérateurs, les plateformes, les flux financiers et la conformité.
En mai, la CSJA a annoncé une plateforme centralisée capable de suivre les opérations. En juillet, le ministère a fixé au 30 août la fin de la phase pilote. Le projet de loi sur les jeux d’argent devait aussi poursuivre son parcours parlementaire.
La réforme ne produit donc pas encore tous ses résultats. Elle construit les instruments destinés à les obtenir.
Un enjeu qui dépasse les frontières congolaises
Le phénomène s’inscrit dans une évolution africaine. Les paris numériques progressent sur le continent. Plusieurs États renforcent leur fiscalité et leur surveillance. Reuters rapporte notamment les débats sur la taxation des jeux en ligne en Afrique du Sud.
Le FMI relève aussi, pour la RDC, le projet d’un cadre légal renforcé et d’une autorité de régulation. Il associe cette réforme à la mobilisation des recettes et à la lutte contre le blanchiment.
Cette évolution rappelle une idée de Max Weber : « L’État est une communauté humaine qui revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime. » Dans le secteur des jeux, cette logique peut se lire autrement : l’État doit surtout rendre identifiable l’autorité qui réglemente, contrôle et perçoit.
Le sens caché de la réforme apparaît ici : la vraie bataille commence après les annonces. L’enjeu sera de mesurer les opérateurs effectivement enregistrés, les contrôles réalisés et les recettes réellement mobilisées.
La RDC parviendra-t-elle à transformer cette nouvelle architecture réglementaire en résultats mesurables pour l’État, les joueurs et l’économie nationale ?
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Didier Bofatshi

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