Grand Bandundu : quand le silence pèse plus que les balles

Le rappel à Kinshasa du capitaine Anthony Mwalushayi, porte-parole de la 11ᵉ région militaire, ravive les blessures des populations du Mai-Ndombe, du Kwango et du Kwilu. Pour les victimes de la milice Mobondo, cette décision résonne comme un étouffoir jeté sur la vérité, tandis que les complicités politiques présumées restent libres et impunies.

Le vent des révélations muselé

À peine son nom a-t-il été prononcé sur les ondes locales que le rappel de Mwalushayi a déclenché une tempête d’indignation. L’officier venait de pointer des complicités politiques dans l’insécurité qui hante le plateau des Batéké. Pour les habitants, son éloignement de terrain ressemble à une manœuvre destinée à cacher les ombres qui tirent les ficelles.

Les voix de la terre contre le silence

Le chef coutumier de Kwamouth, Stany Libiey, s’insurge : punir celui qui révèle, c’est trahir les victimes. Dans ces contrées frappées par les exactions, les autorités coutumières incarnent la mémoire des plaies et la voix des oubliés. Leur appel à enquêter sur les noms cités résonne comme un cri contre l’injustice et l’impunité.

FARDC, pilier et paradoxe

Malgré la colère et la suspicion, les populations restent attachées à l’armée nationale. Les FARDC sont perçues comme le rempart ultime contre la milice Mobondo. Mais le paradoxe persiste : soutenir l’institution, tout en dénonçant la manipulation politique derrière certaines décisions, révèle un fil fragile entre confiance et désillusion.

Le Grand Bandundu, théâtre de violences et de silences orchestrés, attend désormais que vérité et justice reprennent le pas sur le calcul politique.

Opinion Info/VF7, via voltefceinfos7.com

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