Fecofa 2026 : Nonda, Mosengo, Makukula… la bataille des légendes pour le trône du football congolais

Le football congolais s’apprête à rompre un long cycle de tutelle et d’incertitudes, avec des élections décisives annoncées pour le 20 mai 2026 à la Fédération congolaise de football association (Fecofa). À Kinshasa et dans les cercles sportifs du pays, neuf candidatures ont été déposées pour diriger l’institution, parmi lesquelles des figures de stature internationale telles que Shabani Nonda, Aziz Makukula ou Véron Mosengo. Après des années de transition supervisée par la FIFA depuis 2022, ce scrutin s’annonce comme une recomposition majeure du pouvoir footballistique national, entre promesses de réforme, rivalités d’anciens internationaux et enjeux de gouvernance.

Fin de tutelle

Après cinq années de supervision internationale, la Fecofa entre dans une phase de vérité. Le 20 mai 2026 marque une date charnière : celle d’un retour à une gouvernance pleinement nationale, sous haute tension institutionnelle. La commission juridique doit encore valider les dossiers, ouvrant la voie à d’éventuels recours avant la liste définitive des candidats.

Légendes en lice

Sur le papier, la course prend des allures de réunion d’anciens héros du ballon rond. Shabani Nonda, ex-capitaine des Léopards, s’avance avec un discours de rupture : « Pour moi, c’est un jour spécial. Je suis venu déposer personnellement ma candidature pour la présidence congolaise de football. »

Face à lui, Aziz Makukula, ancien international portugais né au Congo, incarne une vision centrée sur les acteurs du terrain : « Le football aux footballeurs. » Autour d’eux gravitent d’autres figures, dont Eugène Kabongo, associé à Bosco Mwehu, président du comité de gestion de la Linafoot, dans une alliance mêlant ancrage local et réseau international.

Mosengo sous pression

Dans cette arène déjà dense, Véron Mosengo, ancien secrétaire général démissionnaire de la Confédération africaine de football (CAF), cristallise les attentions et les critiques. Il avance une ligne claire, axée sur la gouvernance : « Responsabilité, intégrité et transparence », résume-t-il, dans une campagne où chaque mot devient un marqueur politique.

Un pouvoir à reconstruire

Derrière les ambitions personnelles, c’est tout un système qui se redessine. La Fecofa, longtemps marquée par les tensions internes et les interventions extérieures, cherche une stabilité durable. L’enjeu dépasse la simple élection : il s’agit de reconstruire la crédibilité du football congolais, ses compétitions, ses infrastructures et sa formation. La succession de Constant Omari, figure centrale du cycle précédent, ouvre ainsi une page encore incertaine, où les équilibres restent fragiles et les alliances mouvantes.

Verdict sous tension

Le scrutin du 20 mai s’annonce comme un moment de bascule. Entre ambitions croisées et mémoire d’un football en quête de renaissance, la bataille dépasse les individus pour toucher à l’identité même du sport roi en RDC. Un observateur du milieu résume l’enjeu avec gravité : « Ce n’est pas seulement une élection, c’est une reconstruction. » Comme l’écrivait Albert Camus : « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. » Le football congolais, lui, attend son printemps institutionnel, suspendu entre héritage et renaissance.

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