Ethiopie-Erythrée: Tigré en flammes silencieuses : quand la peur devient armée

Frontières qui murmurent la guerre

Les lignes imaginaires entre l’Éthiopie et l’Érythrée ne sont plus que cicatrices ouvertes. Dix ans de trêves avortées, un accord de paix ignoré : chaque pas des soldats érythréens dans le Tigré résonne comme un tambour de guerre. Paul Collier l’avait pressenti : « Les guerres civiles modernes deviennent régionales dès qu’un État voisin perçoit un intérêt stratégique. » Ici, l’intérêt se mesure en peur et en contrôle.

Les ombres qui marchent dans les camps

Dans les camps de Shire, les visages racontent l’histoire des traumatismes oubliés. « La plupart des gens disent que la guerre va reprendre… j’ai peur et je ne peux rien faire ! » confie Million Mehari, 15 ans. Gérard Prunier le disait déjà pour le Kivu : « Les conflits deviennent des cycles héréditaires, reproduits par la mémoire collective et la géopolitique régionale. » Chaque silhouette fuyante est un écho de cette mémoire.

Les maîtres de la peur

Au-delà des fusils, c’est la peur qui devient l’arme la plus précise. L’Érythrée et l’Éthiopie ne s’affrontent pas seulement sur le terrain : elles orchestrent un ballet invisible de psychologies collectives. René Lemarchand rappelait : « Les conflits prolongés sont le produit d’intérêts étatiques et de fractures ethniques internes. » Ici, le peuple est tour à tour spectateur, victime et pion d’une stratégie silencieuse.

Le vertige du silence diplomatique

Addis Abeba réclame le retrait des troupes et brandit la diplomatie comme bouclier. Hans Morgenthau l’expliquait : « La diplomatie doit anticiper l’escalade avant qu’elle ne devienne incontrôlable. » Mais les cicatrices restent ouvertes, les mémoires vives, et le silence diplomatique résonne comme une menace sourde.

Dans le Tigré, la paix est un mot suspendu entre les balles et les craintes. Comme le murmure un jeune commerçant derrière son comptoir : « Tout ce que nous voulons, c’est la paix. » Et pourtant, dans le fracas invisible des frontières, la peur est déjà en marche.

RFI / VF7, via voltefaceinfos7.com

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