En Ituri, l’accès aux ménages devient le principal défi de la réponse sanitaire

Bunia, 3 septembre 2026. Plus de 26 cas confirmés d’Ebola ont été enregistrés en dix jours à Mungamba, dans l’aire de santé de Bamande, zone de santé de Komanda, en Ituri. Le Dr Faustin Singo, médecin chef de zone, attribue cette situation aux difficultés d’accès aux ménages concernés et à la résistance d’une partie de la population.

Ebola à Mungamba : une intervention sanitaire limitée

« La situation épidémiologique au village Mungamba reste encore préoccupante. Pour les dix derniers jours, nous avons enregistré au-delà de 26 cas confirmés sans une intervention de santé publique autour de ces cas à cause de la résistance de la population de ce village *», a déclaré Dr Faustin Singo à l’ACP.

Cette résistance empêche notamment le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades. Elle limite aussi les opérations de décontamination et les enterrements dignes et sécurisés.

« Il n’y a pas assez d’enterrements dignes et sécurisés. S’il y en a, c’est autour de 50 à 60 % que nous les réussissons. Il n’y a pas non plus de décontamination qui a commencé dans les ménages des cas actifs », a-t-il expliqué.

Une épidémie dans un contexte d’insécurité

L’OMS confirme que l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo reste active en RDC. Au 26 août, elle comptait 5 794 cas confirmés et 2 786 décès dans le pays. L’Ituri demeure l’épicentre, avec 28 zones de santé touchées.

L’OMS souligne aussi le poids de l’insécurité, des déplacements de population et des difficultés d’accès sur la surveillance et le suivi des contacts.

La confiance, condition de la riposte

Le Dr Singo résume l’enjeu opérationnel : « S’il y a accès sécuritaire et l’adhésion de la communauté, je pense que c’est à ce moment-là qu’on pourra travailler d’une façon normale ».

L’OMS insiste également sur le dialogue communautaire pour faciliter l’alerte, la prise en charge et la recherche des contacts.

L’angle essentiel apparaît ainsi clairement : sans accès aux foyers concernés, les moyens sanitaires ne suffisent pas à interrompre durablement la transmission.

La situation pose donc une question immédiate : comment rétablir rapidement la confiance et l’accès à Mungamba pour transformer la riposte annoncée en interventions effectives ?

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Source : Ministère de la Santé publique de la RDC – surveillance épidémiologique

Didier Bofatshi

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