À Bunia, des milliers de femmes ont envahi les rues, vêtues de vert et blanc, marchant pour transformer la douleur
d’une décennie de violences armées en énergie de résilience. La marche du 8 mars 2026 n’était pas seulement un cortège symbolique : elle est devenue une démonstration de pouvoir féminin, de cohésion sociale et de renaissance pour toute l’Ituri.
Rivière de vert et de blanc
Dimanche, le boulevard de la Libération s’est mué en un fleuve humain. Parti de l’Assemblée provinciale et achevant son périple à la paroisse Nyakasanza, le cortège a porté un message limpide : la paix se marche, se revendique, se vit. Chaque pas rythmé par la fanfare des FARDC, chaque visage, une promesse de stabilisation et d’espoir. « Ignorer la voix des femmes dans la résolution des conflits, c’est compromettre la durabilité de la paix », Cynthia Enloe, The Curious Feminist.
L’empreinte des invisibles
Longtemps confinées au rôle de victimes, les femmes se réapproprient l’espace public et la reconstruction sociale. Marie Kabazaire Baguma, coordinatrice de l’agenda Femmes et Sécurité en Ituri, insiste : « L’heure est venue pour qu’elles trouvent leur place dans la société et contribuent au développement de cette province. » Vert et blanc deviennent ici métaphores de courage et de renaissance.
Fanfares de résilience
Avec la présence des femmes policières de la MONUSCO, la marche est devenue rituel de cohésion collective. L’Ituri meurtrie semble respirer à travers chaque pas et chaque chant. Louise Vincent rappelle : « Les femmes incarnent l’espoir et la continuité sociale ; leur action publique est une manière de reconstruire le tissu social et de réaffirmer la normalité. »
Tremblement des murailles silencieuses
Cette mobilisation dépasse le geste symbolique : c’est une réécriture de l’histoire de la paix. Chaque voix, chaque mouvement, chaque couleur proclame que la paix durable se construit là où les voix longtemps étouffées reprennent la parole. « La paix durable se construit quand celles qui ont souffert le plus sont assises à la table des décisions » Leymah Gbowee, Mighty Be Our Powers.
Sous le vert et blanc de leurs vêtements, les femmes de Bunia sculptent l’Ituri de demain, transformant la souffrance en lumière et le silence en puissance.
Okapi / VF7, via voltefaceinfos7.com