
À la 119e minute, un souffle. Un éclair. Puis le silence. La République démocratique du Congo quitte la CAN 2025 par la porte étroite, battue (0-1 a.p.) par l’Algérie en huitièmes de finale. Une élimination cruelle, mais un discours ferme et lucide de Sébastien Desabre, sélectionneur des Léopards, qui refuse le naufrage moral et revendique la continuité d’un projet en marche.
Une défaite au goût d’inachevé
Ce match avait la densité des grandes joutes africaines. Prudente en première période, dominée sans rompre, la RDC a longtemps contenu les vagues algériennes. Les Fennecs ont eu le ballon, les Léopards ont tenu la ligne. Après la pause, l’équilibre s’est imposé, le combat est devenu frontal, presque symétrique. Ni l’un ni l’autre n’a su trancher. Jusqu’à ce coup de poignard tardif, à une minute de la séance fatidique des tirs au but. Le football, parfois, choisit son camp sans prévenir.
Desabre, le bouclier et la boussole
En conférence de presse, Sébastien Desabre ne cherche ni alibi ni coupable. « Je n’ai rien à reprocher à mes joueurs. Il faut garder la tête haute. » Une phrase courte, dense, qui protège le vestiaire et trace une direction. Le sélectionneur français assume une lecture froide du réel : la RDC n’a pas été inférieure, elle a manqué de réalisme. Un détail, mais un détail qui sépare les prétendants des vainqueurs.
Une progression confirmée, un cap à franchir
Le bilan est mitigé, certes, au regard des ambitions nourries après la CAN 2023. Mais il est aussi porteur d’enseignements. Les Léopards ont montré qu’ils pouvaient rivaliser avec une nation majeure du continent. Solidité collective, discipline tactique, maturité croissante : les fondations sont là. Reste à transformer la maîtrise en victoire, la promesse en résultat. Dès mars, un nouveau chapitre s’ouvrira avec la quête de la qualification pour la Coupe du monde. La tête haute, mais le regard déjà tourné vers l’horizon.
Didier BOFATSHI