À Strasbourg, Kinshasa sonne l’alarme : l’Est congolais au bord d’un embrasement régional

Vendredi 19 décembre 2025Depuis le Parlement européen, la République démocratique du Congo a lancé un avertissement clair. Face à l’offensive persistante de l’AFC/M23 dans l’Est du pays, Kinshasa redoute une régionalisation du conflit et affirme que son choix résolu de la diplomatie n’est ni un renoncement ni un aveu de faiblesse. Un message d’urgence, adressé à l’Europe et à la communauté internationale.
Strasbourg, tribune d’alerte diplomatique
La scène se joue loin des collines du Kivu, mais l’écho porte jusqu’aux lignes de front. Mercredi, devant les eurodéputés réunis à Strasbourg, l’ambassadeur de la RDC auprès du Benelux et de l’Union européenne, Christian Ndongala Nkunku, a exposé la gravité de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est congolais. Une prise de parole calibrée, à la fois informative et préventive.
Le spectre d’un conflit qui déborde
Au cœur de l’alerte : le risque d’une extension régionale. « Ce conflit risque de se régionaliser davantage », a prévenu le diplomate, rappelant que la ville d’Uvira, récemment affectée par les combats, se situe à moins de 30 kilomètres de Bujumbura. Le Burundi, déjà touché par des tirs, apparaît désormais dans le champ des répercussions possibles. Kinshasa insiste toutefois : la présence de troupes burundaises dans l’Est de la RDC relève d’un accord bilatéral de coopération sécuritaire, visant la lutte contre la prolifération des groupes armés, et non d’une agression contre le Rwanda.
Accords fragilisés, confiance érodée
La RDC accuse Kigali de soutenir la rébellion de l’AFC/M23 et de nourrir une stratégie de victimisation sur la scène internationale. L’ambassadeur a dénoncé la violation des accords de Washington, signés début décembre sous médiation américaine. « Moins de vingt-quatre heures après la signature, des bombardements par drones et des avancées militaires ont été signalés autour d’Uvira et dans la plaine de la Ruzizi », a-t-il affirmé, mettant en doute la solidité du processus de paix.
La diplomatie comme ligne de front
S’appuyant sur les propos récents de la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, Kinshasa martèle que le recours à la diplomatie traduit un choix de responsabilité et un attachement au multilatéralisme. Un pari assumé, malgré la détérioration de la situation sur le terrain. Alors que l’AFC/M23 annonce un retrait contesté d’Uvira et poursuit ses avancées ailleurs, l’Est de la RDC demeure sous tension. Pour l’Union européenne, désormais interpellée, l’enjeu est clair : agir pour éviter que la crise congolaise ne se transforme en incendie régional.
Rédigé par Didier BOFATSHI
Source : voltefaceinfois7.com

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